Vous aussi, vous en avez assez de cette météo glaciale ? Je pense que ce sentiment gagne peu à peu l’ensemble de la population belge adulte. Seuls mes enfants trouvent génial de pouvoir encore sortir la luge fin mars…

Mais ce temps est-il bien normal ? C’est une question qu’on m’a posée plusieurs fois ces derniers jours, vu mon statut de « garçon écolo ». Je réponds toujours avec une grande prudence. Bien que les scientifiques soient d’accord pour imputer de plus en plus les conditions météo extrêmes au changement climatique, il reste délicat d’établir un lien direct entre, par exemple, une vague de froid et le réchauffement de la planète.

Il semble pourtant que je me montre trop prudent. Les choses vont effectivement plus loin que ça. C’est ce que révèle ce blog de Prévisions Météo Belgique, un groupe de météorologistes amateurs qui suit de près le climat de la Belgique. Le froid persistant installé sur notre région est une conséquence de la quantité record de glace polaire qui a fondu l’été dernier, bouleversant complètement les systèmes climatiques dans le Grand Nord.

Cette fonte polaire massive a entraîné l’arrivée d’un énorme surplus de chaleur dans l’atmosphère. Car si la banquise réfléchit la chaleur, les eaux océaniques plus sombres font exactement l’inverse : elles absorbent la chaleur du soleil et la bloquent dans l’atmosphère.
L’air plus chaud a généré des zones de haute pression récurrentes et prolongées dans la région, qui ont à leur tour provoqué une oscillation arctique négative : l’apparition de deux situations de pression opposées sur de larges amplitudes. L’influence de cette oscillation arctique sur le temps en Europe et en Amérique du Nord est la plus marquée à la fin de l’automne et en hiver, et permet donc aujourd’hui à nos bambins de profiter de ces derniers résidus hivernaux.

L’Arctique et l’impact du changement climatique induit par l’homme ont beau se trouver loin de chez nous, dans la pratique, c’est une tout autre histoire. C’est ce qu’a aussi prouvé récemment une nouvelle étude de la Cornell University, qui pointe la coresponsabilité de la fonte record de la banquise dans la violence de l’ouragan Sandy. Les chercheurs indiquent que la perte considérable de glace polaire l’été dernier renforce le jet-stream arctique, augmente les courants atmosphériques arctiques vers le sud et accroît la fréquence des phénomènes de blocage atmosphérique. C’est un tel blocage qui a poussé l’ouragan meurtrier Sandy vers l’occident, droit sur la métropole de New York.

Ce qui se joue dans l’Arctique a des répercussions à l’échelle mondiale. Telle est la conclusion à retenir ici. C’est pour cette raison qu’il est si important de protéger comme il se doit cet écosystème unique et vital.

- Exigez, vous aussi, que le territoire inhabité de l’Arctique soit déclaré réserve naturelle.