Francesca se rend au pôle Nord en compagnie de Greenpeace et tient un blog sur ce voyage. Voici l’épisode 2.

Je n'ai pas de problème avec le fait que certaines compagnies aériennes n'offrent plus de petits sandwichs spongieux ou des assiettes de pâtes collantes. Par contre, j'apprécie le fait qu'elles continuent à proposer gratuitement un journal. C'est une manière de souhaiter la bienvenue à bord, un geste d'amitié alors que tout ce qui a trait aux aéroports me fait penser à un no men's land. A bord de mon avion, j'ai le choix entre un journal norvégien ou le International Herald Tribune. Tout logiquement, je choisis ce dernier.

Pour atteindre le pôle Nord, je dois passer par Oslo. J'y resterai une petite nuit pour ensuite m'envoler vers les îles Spitzberg, après une courte escale à Tromso, tout au Nord de la Norvège. Le pôle Nord fait partie de ces dernières destinations qui nécessitent quelques efforts pour les atteindre !

Francesca Vanthielen

Je consacre la première étape de mon voyage à la lecture de nombreux articles dans The International Herald Tribune : aux Etats-Unis, les chances de Romney de remporter les prochaines élections s'amenuisent ; en Grèce, le parti d'extrême droite Golden Dawn a de plus en plus de succès ; en Israël, de plus en plus de jeunes se font tatouer avec le numéro d'identification que portaient leurs grands-parents à Auschwitz.

Je tombe ensuite sur un cahier séparé : A Special Report - Global Clean Energy qui décrit de manière simple les nouvelles découvertes technologiques dans le domaine des énergies propres avec, à la clé, des exemples d'applications concrètes. Le Japon par exemple produit de l'énergie géothermique depuis les années 1960. Cette source ne contribue qu'à 0,2% des besoins énergétiques totaux mais son gigantesque potentiel pourrait fournir de l'énergie à quelque 10 millions de personnes. Hélas, il a fallu que le pays subisse une catastrophe nucléaire pour que ses dirigeants prennent conscience de cette alternative. Au rayon des autres bonnes nouvelles que je découvre dans mon journal : des algues pouvant servir de combustible, du gaz naturel pouvant être transformé en un produit possédant toutes les caractéristiques du pétrole ; une entreprise spécialisée dans les énergies renouvelables d'Abu Dhabi prévoyant d’investir en Arabie Saoudite ; des pousse-pousse circulant à l'hydrogène en Inde...

En route vers une économie pauvre en carbone

Ces bonnes nouvelles me renforcent dans ma conviction que la transformation nécessaire vers une économie pauvre en carbone est possible. Ce sont tous des exemples porteurs que je compte utiliser lors d'interviews que je donnerai à mon retour du pôle Nord. Les gens ne veulent pas seulement entendre que la possibilité d'une grave catastrophe pétrolière en Arctique est de un sur cinq ; que ces 30 dernières années, la moitié de la banquise a fondu et que cela accélère de façon exponentielle le réchauffement ; que la survie de l’ours polaire ne tient plus qu'à un fil...

Je veux conscientiser les gens

Je veux conscientiser les gens – c'est d'ailleurs l'objectif de ce voyage – mais je veux aussi apporter de l'espoir. La science fait de nouvelles découvertes ou améliore les technologies durables tandis que de plus en plus d'industriels réalisent qu'ils peuvent faire des profits en produisant durablement.

En tant que citoyens et consommateurs, nous pouvons aussi avoir un impact. Nous sommes ceux qui décidons de ce que nous voulons acheter, et auprès de qui. Le producteur qui se cramponne aux procédés polluants se retrouvera très prochainement out. Nous pouvons y veiller, en tant que citoyens.

-Francesca Vanthielen est une actrice et présentatrice flamande. Avec Greenpeace, elle effectue un voyage au pôle Nord à bord de l'Arctic Sunrise, pour constater de ses propres yeux les effets des changements climatiques sur la région.