Les choses avancent : la semaine dernière, le gouvernement finnois a approuvé une nouvelle stratégie sur l’Arctique qui appelle à la création d’une réserve mondiale autour du pôle Nord. C’est là une des premières exigences de notre campagne Arctique.

Il y a deux ou trois ans, la protection de l’Arctique était un thème dont on ne discutait pas en Finlande. Aujourd’hui, on assiste à un réel revirement.

Pendant longtemps, le gouvernement finnois a été considéré comme un « vilain de l’Arctique ». Voyez plutôt : deux brise-glaces, appartenant à une entreprise d’Etat finnoise, étaient chargés d’assister Shell dans sa quête de pétrole en Alaska. On parle donc bien de navires utilisés pour rechercher du pétrole qui aura pour effet d’accélérer le réchauffement climatique et donc la fonte des glaces qui, à son tour, exacerbera encore plus le réchauffement…

L’année dernière, Greenpeace a d’ailleurs mené une action contre ces brise-glaces, ce qui a permis de réellement lancer notre campagne en Finlande. Avec à la clé, un incroyable mouvement de soutien. Les Finnois ont d’ailleurs été entendus dans bon nombre d’arènes politiques.

Mobilisation croissante

Les huit Etats membres de l’Arctique ont toujours fait valoir leurs droits à exploiter le pôle Nord. Autrement dit, à organiser des forages pétroliers et autres activités industrielles à grande échelle. Mais cette nouvelle politique finnoise est bien différente : elle reflète la conscientisation croissante de millions d’individus de par le monde qui revendiquent la protection de la région du pôle Nord.

Bien sûr, nous espérons que d’autres pays suivront l’exemple de la Finlande. Certains signaux sont plutôt favorables. Maintenant que les activités dangereuses des compagnies pétrolières et les impacts destructeurs des flottes de pêche industrielles sont de plus en plus mis en lumière, aucun gouvernement qui se respecte ne peut continuer à nier la réalité. Et maintenant que la préoccupation publique est enfin entendue par les politiciens, nous espérons que ceux-ci agiront dans le sens des citoyens qu’ils représentent.

Bien sûr cette nouvelle stratégie finnoise aborde aussi la question des nombreuses nouvelles « opportunités » économiques au pôle Nord. C’est une situation schizophrène où d’un côté, on met en garde contre le changement climatique et les dangers pour l’environnement et de l’autre, on met beaucoup d’espoir dans l’exploitation des réserves gazières et pétrolières. Or, pour véritablement freiner le changement climatique, nous ne devons pas toucher à deux tiers des combustibles fossiles encore enfouis dans le sol. Mais le document n’en fait état à aucun moment.

Un pas dans la bonne direction

La nouvelle stratégie arctique de la Finlande est pourtant un pas dans la bonne direction. Le pays veut encourager d’autres Etats membres du Conseil de l’Arctique à protéger la région. Il reconnait aussi la nécessité de créer une réserve dans la mer Arctique pour préserver cet écosystème unique.

Nous nous réjouissons aussi du plaidoyer en faveur de critères plus stricts pour identifier puis exploiter le pétrole. Il est tout simplement absurde que des entreprises puissent saccager le pôle Nord sans sanctions dignes de ce nom à la clé.

C’est maintenant au tour des autres pays arctiques de montrer leur volonté d’agir. Le système existant de réserves marines est pitoyable : il prévoit le niveau le plus faible de protection des eaux, dans l’une des régions les plus fragiles sur terre. Ensemble, convainquons-les à suivre l’exemple de la Finlande.

Aidez-nous à sauver l’Arctique. 
 
Dr. Neil Hamilton est conseiller politique de la campagne Arctique de Greenpeace