Il y a un an environ, je m’étais rendu en Arctique, à bord de l’Arctic Sunrise (blog post). Le même bateau qui a illégalement été pris d’assaut jeudi dernier par les garde-côtes russes et probablement dirigé vers le port de Moermansk. Notre campagne menée pour une protection de l’Arctique a indéniablement touché une corde sensible en Russie.

Voilà quelques jours que j’essaie d’imaginer un peu mieux ce que représente vraiment cette spectaculaire attaque des garde-côtes russes. Avec ces hommes masqués, armés et lâchés d’un hélicoptère en direction de l’Arctic Sunrise en train de crier, de courir à travers les étroits couloirs du bateau et de menacer l’équipage tandis que trois membres de celui-ci se cachent comme ils le peuvent dans la petite salle radio. Une fois la porte de cette petite salle forcée, tous trois furent conduits de force sur le pont avant que la communication avec nos collègues à bord soit coupée.

Mais le plus hallucinant restait à venir. Un officier russe n’a en effet pas hésité à qualifier Greenpeace de « pirates » et à comparer nos militants à « des pirates qui sèment la terreur au large des côtes de la Somalie ». Absurde bien entendu, pratiquement risible ! Car ce sont bel et bien les Russes qui sont illégalement montés à bord de l’Arctic Sunrise et ont ainsi violé différents droits internationaux. Stefan Kirchner, expert en droit international, nous en fournit la preuve à travers ce document.

Que Greenpeace soit contrainte de se défendre contre une accusation de piraterie après avoir mené une action légitime et pacifique est un non-sens, c’est véritablement le monde à l’envers. Nos militants voulaient protester contre les opérations de forage pétrolier de Gazprom, qui souhaite devenir la première entreprise à réaliser de juteuses affaires commerciales en Arctique offshore. Un géant pétrolier, propriétaire de la plate-forme ciblée par nos activistes, qui a bien mauvaise réputation… Ce film vous permettra d’avoir une meilleure vision sur ce qui se passe réellement en coulisses. Au lieu de se focaliser sur une action de militants non-violents, les garde-côtes russes devraient plutôt se concentrer sur les activités de Gazprom, qui constituent le réel danger pour l’Arctique et notre futur à tous.

L’impact du changement climatique demeure également une très grande menace pour cette fragile région, comme on a encore pu le vérifier en fin de semaine dernière. Alors que nos militants étaient malmenés sur l’Arctic Sunrise, l’étendue de la mer de glace atteignait son niveau le plus bas de l’année. Il n’est certes pas inférieur au record historique enregistré en 2012 mais il s’inscrit toutefois comme le sixième niveau le plus faible sur les 34 dernières années, moment où les mesures ont commencé. La situation reste donc très inquiétante et tout à fait conforme à la tendance fortement à la baisse observée ces dix dernières années.

La glace polaire s’assimile à l’airco de notre planète, il semble dès lors complètement fou de procéder à une recherche de pétrole dans cette zone fragile et vitale. C’est pour cette raison qu’il est important d’exposer publiquement toutes ces données, d’une manière non-violente. Telle était la mission de nos militants, qui ont tenu le choc près de 100 heures, sans aucune assistance juridique ou inculpation officielle. La Russie doit savoir que cette situation est totalement inacceptable.

Actuellement, 300.000 personnes à travers le monde ont déjà agi. Envoyez vous aussi un mail à l'ambassade de Russie pour exiger la libération de nos activistes. Cette réaction disproportionnée de la Russie montre en tout cas clairement que notre campagne « Save the Arctic » commence à installer une certaine nervosité dans les plus hautes sphères...