Greenpeace est immédiatement associée à des actions chocs comme le blocage de plateformes pétrolières en Arctique ou l'abordage d'un bateau-usine prêt à dévaster un stock de poissons. Ce n'est pourtant que la partie immergée de l'iceberg. En Arctique, nos bateaux sont avant tout mis au service d'équipes de scientifiques qui tentent de comprendre comment fonctionne cet écosystème unique et malheureusement menacé.

Banquise 3D

Pour comprendre la fonte des pôles, il faut se faire une idée précise de la quantité de glace présente dans les calottes glaciaires. En effet, les estimations de l'étendue de la banquise réalisées notamment par les satellites de la Nasa  ne reflètent l'état de la banquise que d'une manière partielle.

Estimer l'étendue de la glace ne suffit pas. Il faut aussi estimer son épaisseur. Ce n'est qu'avec ces deux éléments que l'on peut se faire une idée réelle de la vitesse à laquelle la glace fond. Les données scientifiques relatives à l'épaisseur de la glace sont nettement moins nombreuses. Les recherches scientifiques sur le sujet sont toujours en cours et se poursuivront entre autres depuis l'Esperanza et l'Arctic Sunrise, deux bateaux de la flotte de Greenpeace présents au pôle Nord, cet été.

L'Arctic Sunrise navigue en ce moment au large du Groenland, une équipe de scientifiques de l'Université de Cambridge à son bord. Sous la direction du professeur Wadhams, l'équipe se consacre à la réalisation de cartes en 3D des icebergs de la région. L'Arctic Sunrise a été équipé d'un sous-marin qui permet aux scientifiques d' investiguer « l'envers du décor ». L'enjeu ? Se faire une idée la plus précise possible du volume.

Canyons sous-marins

L'Esperanza mouille au large de l'Alaska. Ce bateau équipé pour les conditions polaires y explore l'écosystème exceptionnel du détroit de Béring. Quel spectacle !

Ecosystème eceptionneld du Détroit de Bering.

Des canyons sous-marins grouillants de vie, jugez par vous-même...

Depuis 2006, nous luttons pour que ces écosystèmes extrêmement riches en coraux et cruciaux pour la reproduction de la faune arctique soient épargnés face aux appétits colossaux de la pêche industrielle.

De la vie à gogo !

L'organisation régulant les activités de pêches dans cette région, le
Conseil de la pêche du pacifique Nord (NPFMC) avait jusqu'ici toujours refusé de protéger ces zones arguant d'un manque de données sur la faune locale.

Prenant l'organisation au mot, nous avons mené dès 2007 des recherches
sur site et publié plusieurs articles écrits en collaboration avec des chercheurs de l'Université de Californie. Une nouvelle espèce d'éponge marine a pu être découverte aux cours de ces recherches...

Cette année, nous retournons sur les lieux, équipés d'un sous-marin.
Objectif ? Ré-examiner les sites explorés il y a cinq ans pour en estimer l'état de dégradation mais aussi pour étudier d'autres canyons, situés plus au Nord et préservés jusqu'ici des pêcheries industrielles...

Petite lueur d'espoir

Ces recherches n'ont pas été vaines, suite à ces publications scientifiques, le "Conseil de la pêche du pacifique nord" vient d'ouvrir la porte à une ré-évaluation de sa décision de ne pas protéger ces canyons... Comme quoi pour protéger l'Arctique, il n'y a pas que les actions choc...