Directeur de Greenpeace International, Kumi Naidoo remonte le temps pour y trouver l'inspiration de demain.

Tout a commencé en 1971, lorsqu'une bande de jeunes farfelus a quitté Vancouver en voilier, bien décidés à changer le monde... La fin des essais nucléaires en Alaska au programme, ils mirent le cap sur les îles Aléoutiennes, un chapelet d'îles s'étendant entre les États-Unis et la Russie. Une destination qu'ils n'ont jamais atteint, pas plus qu'ils n'ont pu interrompre les essais en cours. Et pourtant, leur initiative a fait mouche et marqué durablement les esprits, au point d'engranger - finalement - l'arrêt des essais nucléaires.

Et c'est de ce voyage qu'est née l'organisation de défense de l'environnement internationale que l'on connaît aujourd'hui entre autres pour sa taille et son indépendance. A quoi a-t-elle consacré les 4 décennies qui viennent de s'écouler ? A rendre visibles des atteintes à l'environnement que parfois personne ne soupçonnait. A la clé ? Quelques victoires qui sont autant de ballons d'oxygène pour la planète. Avons-nous tout résolu ? Nous sommes plus que jamais dans l’œil du cyclone. Le monde actuel est secoué par une crise économique, écologique et démocratique profonde. Et dans ce magma, le défi majeur à relever est celui du changement climatique.


40 ans par gpfrance

Nous ne pouvons plus tolérer que des responsables politiques discutent jusqu'à plus soif et passent à côté de l'opportunité de signer un accord qui pourrait faire la différence. Ce qu'il faut, ce sont des décideurs politiques capables de s'engager autour d'une vision et d'entreprendre des actions courageuses. Il ne faut rien de moins pour nous épargner les conséquences du réchauffement planétaire auxquelles personne n'échappera. Ce qu'il faut aussi ce sont des citoyens décidés à placer décideurs politiques et capitaines d'industrie face à leurs responsabilités.

40 ans après sa création, Greenpeace s'est déployée dans 40 pays, répartis dans tous les continents. Partout dans le monde, des militants se rassemblent autour d'un but commun. Greenpeace , dans le monde, c'est aujourd'hui 11,6 millions de sympathisants et 2,8 millions de donateurs. Sa flotte lui permet d'atteindre les zones les plus reculées et les plus fragiles de la planète. L'Amazonie ou l'Arctique en sont deux exemples phares.

Greenpeace ne s'est pas uniquement installée un peu partout dans le monde. Elle reflète aussi toutes les couches de la société. Des médecins, des scientifiques, des avocats, des journalistes, des étudiants, des ingénieurs travaillent pour réaliser les missions qui sont les siennes.. Ils ont vingt, trente, quarante ans ou plus ! Ensemble, ils conçoivent des campagnes, solidement étayées et communiquées avec clarté pour ne pas passer inaperçues aux yeux de multionationales ou d' institutions internationales. C'est notre réponse à des problèmes environnementaux qui ne connaissent pas de frontières et qui ont besoin de solutions planétaires. La pression doit être internationale et appliquée à tous les niveaux.

Les fondateurs de Greenpeace ont démontré qu'un petit groupe d'individus pouvaient changer quelque chose au monde en protestant pacifiquement. Et malgré tout, Greenpeace n'aura réussi sa mission que lorsqu'elle sera devenue totalement inutile. Avec un peu de chance, dans quarante ans, on aura évité le pire en terme de climat et les rapports entre écologie et économie seront rééquilibrés.

Mais, aujourd'hui, c'est l'heure de rendre hommage aux militants de la première heure, ceux qui, le 15 septembre 197, se sont rendus à Amchitka en Alaska pour que le monde change et pour y défier une super puissance  et finalement mettre en terme aux essais nucléaires.

Et, aujourd'hui, ce sont tous les sympathisants et militants de Greenpeace que je salue et remercie.

- Kumi Naidoo