Le GIEC a publié ce vendredi 18 novembre un nouveau rapport : l'augmentation des phénomènes climatiques extrêmes comme les tempêtes ou les sécheresses mettra la vie de millions de personnes en danger, principalement dans le Sud. En espérant que les politiques qui se rendent à Durban l'auront lu !

Inondations à Bangkok.

Le chaos climatique se précise

Le nouveau rapport du Groupe inter-gouvernemental d'experts sur le climat (GIEC), dont le résumé à destination des décideurs politiques a été publié vendredi dernier, devrait (espérons-le !) remettre encore un peu plus de pression sur les épaules des politiques qui se rendront à la conférence climatique de Durban dans quelques jours. Dans ce rapport, 220 scientifiques issus de 62 pays confirment, mais surtout précisent, l'amplitude des modifications de notre climat présent et à venir.

Leurs conclusions sont sans appel. Pour en reprendre quelques-unes : le nombre de jours de canicules a déjà augmenté mais surtout, il est presque certain que les périodes de forte chaleur vont continuer à croître en longueur et en intensité dans les prochaines années. Il y a par ailleurs une très grande chance que les ouragans et les typhons seront plus puissants et les périodes de pluies intenses plus nombreuses. Les risques de sécheresses augmenteront bel et bien dans nos régions, mais aussi, et c'est bien plus grave pour la survie des habitants, dans le sud du continent africain. En résumé, la science confirme que les phénomènes climatiques extrêmes ont augmenté et que cette évolution n'est pas prête de s'arrêter.

Des régions inhabitables à l'avenir

En plus de préciser l'ampleur des changements climatiques à venir, le rapport apporte un éclairage interpellant sur ses conséquences potentielles futures. Une analyse des phénomènes naturels extrêmes qui ont eu lieu ces dernières années montre que 95% des victimes habitent dans les pays en développement. Dans la plupart des cas, l'ampleur du désastre humain causé par ces phénomènes naturels découle d'une addition de plusieurs facteurs comme par exemple la destruction des protections côtières naturelles comme les mangroves ou les barrières de corail... Cette augmentation de la fréquence et de l'intensité des phénomènes climatiques extrêmes que prévoient les scientifiques du GIEC  mettra encore plus de pression sur des régions déjà fragilisées. Le cocktail sera détonnant... Certaines régions aujourd'hui peuplées deviendront tout simplement inhabitables.

Bref, ce nouveau rapport confirme encore avec plus de précision et de certitude que les changements climatiques sont une réalité qu'il faut gérer maintenant sous peine de devoir faire face à des problèmes difficilement gérables demain.

Mais qu'attendons-nous pour agir...

Et pendant ce temps, la concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère s'accélère encore. 2010 a même battu un nouveau record de croissance des émissions mondiales. Au risque de se répéter, la solution est pourtant techniquement à portée de main et économiquement intéressante. Il ne s'agit pas de retourner à l'age de la pierre et de « s'éclairer à la bougie » comme on l'entend parfois. Il s'agit juste de revoir la manière dont nous envisageons notre relation à l'énergie. Il est temps de l'utiliser de manière intelligente.

Et pour coordonner cet effort au niveau mondial, un traité international sur le climat s'impose. Car nous ne sortirons pas de cette crise chacun de notre côté. Il nous reste donc à espérer que les dirigeants de la planète qui se retrouveront à Durban dans quelques jours auront eu le temps de lire ce dernier rapport du GIEC... Et qu'ils en tireront les bonnes conclusions !