Le nouvel accord de gouvernement est un drame pour l’environnement et le climat. Le gouvernement Michel 1er continue à miser sur l’énergie nucléaire. Un véritable retour en arrière pour le pays. 

 

Avec ce tweet ("Nous y sommes arrivés !"), Theo Francken (N-VA) a annoncé, en suédois, le nouvel accord de gouvernement fédéral. Mais celui qui prend le temps de comparer ce dernier avec les priorités du vrai gouvernement suédois, a vite compris : la comparaison s’arrête aux couleurs.

Pas d’ambition pour le climat

La Suède opte par exemple pour 100% d’énergie renouvelable. Lisez avec nous ce que l’accord de gouvernement suédois mentionne à ce sujet :

"Les changements climatiques sont l’un des principaux problèmes d’aujourd’hui. […] Il n’y a plus de temps pour des échecs ou des excuses. Les pays doivent cesser d’investir dans des sources d’énergies qui détruisent notre planète. […] Les principaux défis de cette génération sont entre autres : combattre la pollution environnementale et les émissions de gaz à effet de serre. Le développement ultérieur des technologies vertes doit occuper une place centrale. »

Cette position est en totale contradiction avec celle de la coalition belge qui entend conserver une politique climatique « réaliste », pour que notre industrie reste concurrentielle. Le gouvernement Michel 1er rentre déjà maintenant dans les livres d’histoire comme étant le gouvernement marqué par une absence totale d’ambition climatique. Il n’a même pas formulé d’objectifs concrets. Ainsi, en ne touchant pas au régime fiscal avantageux pour les voitures de société ni au « diesel professionnel », le gouvernement continue à subventionner massivement la pollution de l’air et les embouteillages. La Belgique entend réaliser un seul objectif climatique européen, à savoir la réduction des émissions de gaz à effet de serre, et mine de ce fait l’essor rapide des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique.

Source: De Standaard

Un « bon petit toutou »

En Suède, tout plan lié à la construction d’une nouvelle centrale a été bloqué. Mieux, en tant qu’actionnaire principal de la compagnie « Vattenfall », le gouvernement suédois a choisi de placer cette entreprise énergétique sur la voie de la transition énergétique. Et les investissements dans les centrales électriques au lignite, au gaz et à charbon ont, eux, été arrêtés.

Et la coalition belge alors ? Elle reste « scotchée » aux technologies du passé, appréciant visiblement d’être le « petit toutou » du nucléaire et des industries des énergies fossiles. Le renouvelable, lui, n’est pris en considération qu’à partir du moment où il ne nuit pas aux intérêts des grandes entreprises.

Climat d’investissement malade

Il est pourtant évident qu’un secteur des énergies renouvelables soutenu et développé déboucherait sur une création importante de nouveaux emplois de qualité. N’est-ce pas là l’une des préoccupations majeures des nouveaux dirigeants belges ? En parcourant l’accord de gouvernement, nous n’avons toutefois lu que très peu de mesures sur le sujet. En prolongeant la durée de vie des réacteurs nucléaires Doel 1 et Doel 2, ainsi qu’en soutenant le projet Myrrha, réacteur de nouvelle génération, le nouveau gouvernement belge ne fera qu’une seule chose : ruiner le climat d’investissement dans le secteur des énergies renouvelables. Quel entrepreneur aura désormais envie de miser sur des ressources telles que le vent, l’eau ou le soleil en Belgique ? Il sera découragé avant même d’avoir essayé…

Une « coalition suédoise » ?

Les quatre partis politiques qui vont gouverner notre pays ont très rapidement été affublés d’un surnom : dès les premiers instants des négociations, on a évoqué une « coalition suédoise ». Loin d’être un compliment pour les Suédois. Alors que les Scandinaves ont directement identifié le renouvelable et l’efficacité énergétique comme une superbe occasion à saisir, notre nouveau gouvernement, lui, a ficelé un accord qui excelle pour éviter les choix clairs et tout engagement envers les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique. Le gouvernement Michel 1er prétend qu’il va assurer une croissance économique et créer de l’emploi mais il est déjà clair qu’il a raté le train des technologies durables.