428 réacteurs commerciaux sont aujourd'hui opérationnels. 80% ont plus de 20 ans. Un an après la catastrophe de Fukushima, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) s’inquiète : ces réacteurs vieillissants ne répondraient plus aux normes de sécurité actuelles. Cette information qui est entre autres révélée par le Daily Times, nous invite à réitérer notre exigence d'une sortie non différée du nucléaire. Nos plus anciens réacteurs doivent fermer en 2015.

Les centrales nucléaires qui ont dépassé la durée de vie pour laquelle elles ont été conçues rencontrent toutes sortes de problèmes liés au vieillissement. Toute une série de composants essentiels y sont exposés de manière permanente à un stress thermique et à un bombardement atomique. La structure interne de ces composants en est affectée et présente des signes de vieillissement.

Ces phénomènes s'observent dans des zones difficilement accessibles pour des inspections même lors des 'entretiens' prévus tous les dix ans. Ce vieillissement déploré dans des zones cruciales des réacteurs– comme par exemple la cuve – où les composants ne peuvent pas être remplacés inquiètent particulièrement l'agence internationale pour l'énergie atomique.

Une décennie de trop ?

La Belgique compte 4 réacteurs à Doel et 3 à Tihange. Leur durée de fonctionnement actuelle varie entre 27 et 37 ans. D'un point de vue économique, ils ont été amorti après 20 ans. Après ce laps de temps, ils commencent à présenter des signes de vieillissement.

Lors de leur conception, les ingénieurs avaient envisagé un fonctionnement de 30 ans. Il ne s'agit pas d'une fin de vie obligée mais bien une limite indicative. Par ailleurs, la loi sur la sortie du nucléaire stipule que les réacteurs doivent être fermés après 40 ans de fonctionnement.

GDF-Suez Electrabel nourrit depuis la France des plans pour encore prolonger la durée de vie de ces réacteurs vieillissants de 10 à 20 ans. Ce qui porterait leur durée de vie totale de 50 à 60 ans.

Aberration

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) vient d'exprimer des craintes quant à la manière dont les réacteurs vieillissants peuvent répondre aux normes actuelles de sécurité. L'agence met en garde contre une prolongation de la durée de vie des réacteurs qui pourrait hypothéquer la sécurité et l'exploitation économique de ces centrales.

Si quelqu'un décidait aujourd'hui de construire un réacteur comme Doel 1, Doel 2 ou Tihange 1 (nos trois plus anciens réacteurs), il n'obtiendrait jamais l'autorisation suite au renforcement des normes de sécurité.  Comment dans ces conditions peut-on envisager de prolonger leur durée de vie ?