Mon nom est Arnaud Collignon et je suis responsable de la campagne 'Climat' pour Greenpeace en Belgique. Inutile de préciser que Cancun est en ce moment au cœur de mes préoccupations. C'est dans cette ville du Mexique qu'auront lieu du 29 novembre au 10 décembre les prochaines négociations internationales sur le climat. Greenpeace y tiendra un double rôle d'observateur et d'agitateur d'idées bien sûr !

Après l'échec de Copenhague, il est vrai que cette session aura un goût  tout à fait particulier. Reste-t-il un peu d'espoir pour sortir quelque chose d'utile de ce «machin» international? Avec ma collègue An Lambrechts qui est responsable de la campagne 'Forêts', je ferai tout pour que ça marche.

Les grandes messes internationales sont-elles toutes vouées à l'échec?

Avant de boucler nos valises pour participer au COP 16 (le terme technique utilisé pour définir la session de Cancun), il faut peut-être revenir un instant sur l'échec de Copenhague. Pourquoi a-t-on bu la tasse dans la capitale danoise? Les pistes de réflexion ne manquent pas: manque de préparation, attentes irréalistes de la société civile, pression médiatique contre-productive. Les grosses nations ont-elles abusé de leur position? Les Nations unies ont-elles manqué de poigne pour gérer une problématique aussi complexe que l'urgence climatique? N'ont-elles pas réussi à trier le bon grain de l'ivraie face aux lobbys du pétrole par exemple? Tous ces éléments expliquent partiellement l'échec de l'an dernier sans l'excuser pour autant.

La conférence sur la biodiversité qui s'est tenue en octobre à Nagoya (Japon) et qui s'est terminée sur une note bien plus positive devrait nous rendre un peu d'espoir. Tous les ingrédients qui ont mené au Flopenhague de décembre 2009 étaient réunis et pourtant - sans être parfait -  l'accord de Nagoya valait l'investissement de la communauté internationale.

Nos attentes

Cancun peut donc nous réserver de bonnes surprises et nous redonner un peu confiance en la capacité de la communauté internationale de répondre à la crise climatique. Greenpeace a formulé des attentes et une fois au Mexique, mettra tout en œuvre pour les réaliser.

Un des premiers objectifs à atteindre à Cancun est de poser les jalons d'un accord climatique global. Cet accord doit être contraignant et juste vis-à-vis des pays du Sud. Comment y arriver? En résumé: il est essentiel de maintenir l'augmentation de la température moyenne planétaire sous les 2°C, de renforcer les objectifs de réduction du CO2 actuellement acceptés par les gouvernements, de créer un Fonds international pour le climat et d'établir un cadre pour la protection des forêts tropicales.

La suite au Mexique... Nous serons sur le pont pendant toute la durée de la COP 16!