La transition en faveur des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique est en marche dans plusieurs pays de référence. Citons entre autres l'Allemagne ou la Chine. Mais en Belgique, où en est la révolution énergétique ?

Sur le plan énergétique, l'Allemagne est l'exemple classique. D'ici 2020, au moins 35 % de son électricité proviendra de sources renouvelables. Les médias ont ébruité un possible changement de cap chez nos voisins, mais maintenant que l'accord a été conclu, il apparaît clairement que l'Allemagne poursuit sur sa lancée. Il est en revanche exact que la réglementation en matière de subventions a été adaptée pour éviter que la chute rapide du coût des panneaux solaires photovoltaïques, par exemple, n'entraîne des marges bénéficiaires exagérées.

La Chine en tête

La grande nouvelle vient toutefois de Chine, depuis quelques années déjà le premier producteur d'éoliennes. L'année dernière, sa capacité en la matière a augmenté de pas moins de 14 000 MW, soit plus que ce qui a été installé dans toute l'Union européenne, et l'équivalent de la production d'électricité de 5 grandes centrales au charbon ou nucléaires. Et le soleil fait désormais le beau temps aussi en Chine : plutôt que d'exporter massivement des panneaux solaires, le géant asiatique commence à les installer lui-même. Tout aussi impressionnant que dans le cas des éoliennes : de nouveaux panneaux solaires pour environ 14 000 MW sont attendus cette année.

Là-bas, la pression exercée par la population afin d'agir d'urgence contre la pollution atmosphérique commence à influencer significativement la politique du pays. Tout porte à croire que la Chine poursuivra résolument la route qu'elle a entamée. Quel contraste avec la politique que l'on connaît en Belgique ! D'abord des subventions massives (go!) puis, brusquement, on ferme les vannes (stop!).

Et la Belgique ?

La Wallonie traverse une crise : le thème des éoliennes a pris une dynamique électorale, poussant certains partis à se profiler comme « anti-éoliens ». Ce climat politique délétère ne se reflète cependant pas dans les sondages d'opinion : on y apprend que la population soutient toujours l'énergie éolienne, surtout les personnes qui habitent à proximité d'un parc éolien et qui savent donc à quoi s'en tenir.

En Flandre aussi, la machine se grippe. Après des années caractérisées par l'opulence de subventions exagérées pour l'énergie solaire, le robinet s'est soudain complètement fermé, avec en prime une taxe supplémentaire : la redevance pour l'utilisation du réseau. Si celle-ci a entre-temps été annulée par la justice, le secteur n'en a pas moins subi un traumatisme, qui a généré de nombreux messages négatifs autour des panneaux solaires. Bien que ceux-ci soient aujourd'hui rentables sans ces subventions (et sans la redevance pour l'utilisation du réseau), les installations restent rares. Il faudra du temps et des garanties claires pour regagner la confiance des ménages.

Une politique indécise

Cette politique indécise en Belgique fait perdre non seulement beaucoup de temps pour la conversion de notre approvisionnement énergétique, mais aussi de l'argent et des emplois. Le mouvement environnemental collabore avec un bureau d'étude spécialisé afin de déterminer clairement comment nous pouvons à la fois fermer les centrales nucléaires au plus tard d'ici 2025 et réduire les émissions de CO2. Le coût de ces opérations constituera un sujet important dans ce cadre.

Avec cette étude énergétique sous le bras, nous nous adresserons au monde politique à l'issue des élections en vue d'obtenir un engagement clair dans les déclarations gouvernementales. Nous voulons aussi soutenir les initiatives existantes, comme celles du gestionnaire du réseau Elia, pour parvenir à un accord national sur l'énergie. Un tel accord serait le fruit d'une concertation entre les différents acteurs socioéconomiques, tels que les employeurs et les travailleurs, les compagnies d'électricité, les consommateurs et donc aussi les organisations environnementales. Ils pourraient, à l'instar des Pays-Bas qui ont négocié l'année dernière un accord sur l'énergie, élaborer un accord belge bénéficiant d'un large soutien dans tous les secteurs de la société.

Attachez vos ceintures

Nous ne pouvons pas nous permettre de manquer les chances énormes offertes par la révolution énergétique. D'où cet appel urgent à s'atteler tous à la tâche. Greenpeace se tiendra prête, avec les autres organisations environnementales, à démarrer pied au plancher. Attachez vos ceintures...