Cela fait 26 ans que Tchernobyl a été frappé par une catastrophe nucléaire. Une zone de 30 kilomètres autour de la centrale est toujours inhabitable. Des centaines de milliers d’habitants ont perdu leur logement. La catastrophe menace aujourd'hui encore la vie de dizaines de milliers de personnes.

Les conséquences de l'explosion du réacteur 4 de Tchernobyl, provoquant une contamination radioactive partout en Europe, sont encore présentes aujourd'hui et le seront encore pendant de nombreuses années. Impossible d'oublier l’ampleur de la catastrophe, ni les personnes qui ont souffert alors et qui continuent de souffrir aujourd’hui comme Greenpeace l’a découvert l’année dernière en retournant dans les environs de Tchernobyl.

26 ans ont passé et quelles leçons l’industrie nucléaire et ses partisans ont-ils tirées ? Aucune.

L’industrie nucléaire n’a toujours pas compris ou admis que ses réacteurs ne sont pas sûrs. Les réacteurs sont vulnérables face à une association imprévue de défaillances technologiques, d’erreurs humaines et de catastrophes naturelles. C’est la vie de dizaines de millions de personnes vivant près des quelque 400 réacteurs dans le monde qui est mise en danger.

Au lieu de tirer les conclusions qui s’imposent, l’industrie nucléaire continue de faire pression pour construire de nouveaux réacteurs nucléaires. Et ce, malgré Tchernobyl, malgré les accidents frôlés de peu en Suède et en Corée du Sud et malgré la catastrophe de Fukushima en mars l’année dernière.

Un rêve qui a échoué

L’énergie nucléaire n’a pas encore réussi à s’autofinancer sans quémander des subventions auprès des contribuables. C’est une industrie qui vit depuis 60 ans de chèques en blanc signés par les gouvernements. Les bailleurs privés ne sont tout simplement pas intéressés. Le nucléaire est un  « rêve qui a échoué ».

Les entreprises nucléaires qui ne parviennent pas à mettre la main sur les milliards de fonds publics nécessaires pour construire de nouveaux réacteurs se font la belle. RWE et E.ON ont retiré leurs projets de construction de nouvelles centrales au Royaume-Uni. La Bulgarie vient d’annuler ses projets de construction de réacteurs à Belene.

Certains pays, toutefois, ouvrent la voie d’une transition du nucléaire vers un avenir renouvelable. L’Allemagne, l’Italie et la Suisse tournent le dos au nucléaire. La Belgique aussi a décidé de soutenir le principe de la loi de sortie du nucléaire. Un seul des 54 réacteurs japonais est actuellement en activité, sans que cela ne perturbe en rien la vie des gens. Le Japon montre en ce moment même que le nucléaire n’est pas indispensable.

Souvenons-nous du terrible héritage légué par Tchernobyl et du prix payé par les citoyens. Mais engageons-nous aussi en faveur d’un autre héritage : un avenir durable fondé sur une énergie propre et sûre. C’est à notre portée.