Mise à jour: Doel 4 restera à l'arrêt jusqu'à la fin de l'année !

Une semaine s’est écoulée depuis l’inattendue mise à l’arrêt de Doel 4 suite à une perte d'huile de la turbine à vapeur dans la partie non-nucléaire de la centrale. Trois des sept réacteurs belges sont dès lors momentanément inactifs. Une situation qui nous rappelle à quel point les centrales nucléaires sont vulnérables.

Mardi passé, on apprenait que le réacteur Doel 4 avait été mis à l’arrêt. Et quelques heures plus tard, c’est la loi sur la sortie du nucléaire qui faisait la Une des journaux ! La raison ? Les négociateurs du prochain gouvernement fédéral seraient prêts à la réviser, et à prolonger la durée de vie de nos centrales. On sait à présent que le problème de Doel 4 a été provoqué par « une intervention manuelle délibérée », Electrabel évoquant « un possible sabotage ». Le réacteur devrait rester à l'arrêt pendant au moins encore un mois.

Le problème a beau avoir été décelé dans la partie non-nucléaire du réacteur, il illustre à nouveau toute la vulnérabilité des centrales nucléaires. Après tout, au même titre que d’autres infrastructures ou produits, leur conception est le fruit d’un travail humain. Elles ne sont dès lors pas à l’abri d’une erreur ! A la (grosse) différence qu’ici, on ne parle pas de produire des biscuits. Dans le domaine du nucléaire, toute faute ou mauvaise manipulation humaine peut entraîner de très lourdes conséquences.

C’est d’ailleurs ce qui s’est produit au début du mois de juillet, à la centrale suisse de Leibstadt. Lors d’un contrôle nucléaire, six trous, établis par des travailleurs pour fixer des extincteurs, ont été aperçus dans l’enceinte de confinement primaire. Une structure en acier et/ou en béton armé qui isole un réacteur nucléaire et protège le cœur du réacteur de tout risque extérieur.

Conjugués à l’inactivité prolongée de Tihange 2 et Doel 3, les problèmes actuels rencontrés avec Doel 4 nous renvoient implacablement au constat suivant : la Belgique est bien trop dépendante de vieilles centrales nucléaires. Et c’est précisément cette surdépendance qui met, aujourd’hui, notre sécurité d’approvisionnement énergétique en danger.

Les négociateurs pour la formation du prochain gouvernement fédéral confondent problème et solution lorsqu’ils assimilent la prolongation des centrales nucléaires à l’option la plus durable. Ont-ils déjà oublié que le gouvernement précédent – notamment composé par le MR, l’Open VLD et le CD&V – s’était engagé à fermer, entre 2015 et 2025, le parc nucléaire belge ? Car ce sont précisément les mêmes partis qui, désormais, plaident pour prolonger de dix ans la vie de nos plus jeunes réacteurs. Ce qui, d’après eux, nous permettrait d’éviter tout « black-out » énergétique à l’avenir.

Ne nous trompons pas de cible : les menaces pesant actuellement sur notre sécurité d’approvisionnement énergétique ne découlent pas de la loi sur la sortie du nucléaire, par ailleurs prévue et attendue depuis plusieurs années, mais bel et bien de réacteurs nucléaires vieillissants. Nous ne pouvons plus le nier : l’ère du nucléaire est révolue.

Et notre politique énergétique se trouve dès lors à la croisée des chemins. Nous avons aujourd’hui une opportunité unique d’opérer des choix progressistes et de moderniser notre production d’électricité. C’est pourquoi nous demandons au prochain gouvernement de nous garantir un avenir énergétique durable et financièrement accessible.

Nos dirigeants politiques doivent prendre les mesures structurelles qui s’imposent pour améliorer l’efficacité énergétique, accélérer la mise en place des énergies renouvelables ainsi que celle d’un réseau interconnecté étendu avec les autres pays européens. Car c’est bel et bien cette option – et uniquement celle-là – qui nous assurera une sécurité d’approvisionnement énergétique.

Rianne Teule est directrice de campagnes pour Greenpeace Belgique