Ces dernières années, le lobby nucléaire a continuellement prétexté la lutte contre les changements climatiques pour promouvoir l'atome comme solution. Les événements tragiques qui se déroulent au Japon sont là pour nous rappeler qu'il n'en est rien. Lutter contre le réchauffement planétaire en misant sur le nucléaire serait comme opter pour la peste ET le choléra...

Pire encore, le nucléaire pourrait bien poser des problèmes de plus en plus fréquents dans un monde qui a bel et bien déjà commencé à se réchauffer. La multiplication des dérèglements climatiques – comme l'accroissement de la fréquence et du nombre des phénomènes climatiques extrêmes (inondations, sécheresses...) - pourrait dans le futur augmenter le risque de catastrophes nucléaires.

Conçues dans un monde sans réchauffement climatique

Les normes de sécurité d'une centrale nucléaire sont évidemment élaborées en fonction des circonstances prévalant au moment de sa construction. Certains événements jugés impossibles n'ont pas été pris en compte au moment de la construction des centrales. Ainsi, la paroi extérieure des réacteurs belges n'a pas été prévue pour résister à la chute d'un Boeing dont les réservoirs seraient remplis de kérosène. C'était tout simplement considéré comme « inimaginable » à l'époque. Malheureusement depuis le 11 septembre 2001... ce qui n'était pas « imaginable » l'est devenu.

Les événements climatiques exceptionnels que nous avons connus dans la précédente décennie ont en réalité déjà provoqués des problèmes de sécurité dans des centrales nucléaires pas si éloignées de notre territoire. Un exemple nous est rappelé par le PNUE (Programme des Nations unies pour l'environnement) et renvoie à la canicule de l'été 2003 : «dans certaines régions françaises, les niveaux d'eau des rivières ont tellement chuté à cause de la sécheresse, que le processus de refroidissement est devenu impossible. Alors que les températures de l'eau rejetée excédaient les niveaux environnementaux de sûreté, des exemptions aux lois ont été prononcées pour six réacteurs nucléaires ». La sensibilité des centrales au réchauffement climatique est donc malheureusement une réalité qui a déjà été observée.

Chez nous aussi, l'extrême n'est plus inimaginable

En Belgique, l'été 2003 n'a a priori pas posé de problème mais les incidents relevés dans les réacteurs de notre grand voisin du Sud mettent en avant la vulnérabilité de l'atome en périodes de sécheresse et de grosse chaleur. Or, l'augmentation des « probabilités d'avoir des étés particulièrement chauds, avec plus de vagues de chaleurs sévères » est une conséquence attendue des changements climatiques dans notre pays pour les prochaines années. D'ici la fin du siècle, nous pouvons nous attendre à un été sur deux avec des poussées de température comme en 2003...

La question qui se pose dès lors est : combien d'été marqués par des canicules pires que celle de  2003 nous attendent d'ici 2035, date jusqu'à laquelle les tenants du nucléaire entendent faire tourner nos centrales ? Ou encore, sommes-nous prêts à tester les procédures de sécurité de nos centrales dans de telles conditions ? Et à en assumer les conséquences en cas d'incident ?

Climat et nucléaire : une relation paradoxale mais évitable

C'est là tout le paradoxe : on nous invite à prolonger la durée de vie de nos centrales nucléaires pour lutter contre le réchauffement climatique, le même réchauffement climatique qui risquerait de provoquer des incidents dans les dites centrales....

L'énergie nucléaire n'a plus sa place dans un monde sujet au réchauffement planétaire. Elle barre la route à l'essor des énergies renouvelables. La Belgique - en tablant sur son potentiel d'économies d'énergie et sur une diversification de ses modes de productions énergétique - peut relever le double défi de la lutte contre le climat et de la dénucléarisation. Les multiples problèmes auxquels les autorités japonaises font actuellement face devraient nous inciter à sortir du nucléaire et à miser sur les énergies renouvelables qui constituent une solution bien plus fiable pour le climat.

Signez notre pétition pour la sortie du nucléaire.