18 septembre : Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations unies, reçoit une délégation de Greenpeace à New York. La délégation est composée de Josefina Skerk, une jeune leader Saami très engagée dans la protection de l’Arctique, Margareta Malmgren-Koller, une chargée de mission extraordinaire qui a su convaincre plus de 80 dirigeants de signer la Déclaration de l’Arctique, Neil Hamilton, Conseiller politique pour Greenpeace et Kumi Naidoo, Directeur de Greenpeace International. Ce dernier remet à Ban Ki-moon un cadeau symbolisant les six millions de défenseurs de l’Arctique qui ont signé notre pétition pour la protection de cette région. Ban Ki Moon : « ce cadeau représente un engagement commun en faveur de notre avenir à tous, de la protection de l’environnement, non seulement en Arctique, mais partout dans le monde. » Suite à cette rencontre, Ban Ki-moon a déclaré qu’il envisagerait d’organiser un sommet international pour discuter de la protection de l’Arctique. Il a par ailleurs exprimé son souhait de se rendre en Arctique dans un avenir proche, à bord d’un des bateaux Greenpeace.

Quelques heures avant cette rencontre, Neil Hamilton a écrit un blog...

Assis dans ma chambre d'hôtel à New York, je commence seulement à réaliser ce qui est sur le point de se produire : je vais rencontrer le Secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-Moon. Pensez-y une minute : une petite délégation menée par Greenpeace va rencontrer, ce jeudi, l’une des personnes les plus influentes au monde, pour discuter de l’Arctique.

Outre Kumi Naidoo, le directeur de Greenpeace International, et moi-même, deux autres personnes composent notre délégation : Josefina Skerk et Margareta Malmgren-Köller. Josefina est une jeune leader Saami très engagée dans la protection de l’Arctique. Elle s’est même rendue au pôle Nord en 2013 pour déclarer sa volonté de faire du sommet du monde un héritage commun pour l’humanité. Margareta, elle, est une chargée de mission extraordinaire qui a su convaincre plus de 80 dirigeants (je dis bien 80 !) de signer la Déclaration de l’Arctique, une charte en dix points visant à protéger l’Arctique, à combattre les changements climatiques et à établir un sanctuaire arctique.

Nous ne sommes pas seuls bien sûr !

Nous sommes soutenus par plus de 6 millions de personnes dans le monde qui, comme nous, veulent la protection de l’Arctique, et par plus de 1000 personnes influentes, de tous horizons, qui ont signé la Déclaration de l'Arctique au cours de ces derniers mois, la plupart après avoir été contactées par des volontaires et membres de leurs communautés. Sans oublier que 74% des personnes interrogées dans 30 pays du monde entier sont à nos côtés. C’est super. Ça nous permet vraiment d’aller de l’avant !

M. Ban Ki-moon est déjà un fervent partisan de l'action urgente pour lutter contre les changements climatiques, et un grand fan de l'Arctique. Plus tôt cette année, il a bouclé ses valises et est parti au Groenland pour mettre en évidence les dangers qui pèsent sur la région. Pendant son séjour, il s’est dit à la fois « submergé » et « profondément alarmé » et a aussi déclaré que « le problème ne disparaît pas en gardant le silence ». « Nous devons agir maintenant », a-t-il ajouté. Et c’est notamment la raison pour laquelle M. Ban Ki-moon a invité des dirigeants du monde entier au sommet climatique de l'ONU à New York la semaine prochaine pour tenter d’y augmenter la pression et d’y obtenir des engagements en faveur de l’Arctique.

Alors pourquoi notre réunion d'aujourd'hui est-elle si importante ?

Car il s’agit là d’une nouvelle étape vers une reconnaissance mondiale de l’importance de l’Arctique. En bref : ce qui se passe en Arctique ne reste pas confiné à l’Arctique. C’est un fait. Mais pendant bien trop longtemps, la communauté internationale a mis le sort de l’Arctique entre les mains des cinq Etats côtiers de l’Arctique, regroupés dans un Conseil de l’Arctique, et malheureusement, ces Etats n’ont pas pris, et ne prennent toujours pas, leurs responsabilités. Il est temps de remettre en question leur autorité. Chacun doit parler en son nom propre ! 

La fonte de l'Arctique est le résultat des changements climatiques induits par l’homme. Les pays de l'Arctique sont responsables à eux seuls de 25% des émissions mondiales et, si vous incluez les pays observateurs au Conseil de l'Arctique, on arrive à 80%. Ces pays se contentent de façon générale de regarder ce qui se passe, tandis que les compagnies pétrolières et autres industries destructrices ont leurs bénédictions, voire leur soutien, pour exploiter toujours plus de combustibles fossiles à l’origine des changements climatiques. Faisons-leur savoir que nos regards sont braqués sur eux et demandons-leur d’agir réellement pour changer la donne au pôle Nord.

De nombreux pays du monde souffrent directement en raison de la fonte des glaces et des calottes glaciaires en Arctique, et du réchauffement de l’océan Arctique. Ce mois-ci, le commissaire philippin au climat, Yeb Sano, et le président de Kiribati visitent l'Arctique pour la première fois pour mettre le doigt sur cette situation. Leur message devrait être entendu par le monde entier : ce qui se passe en Arctique touche aussi mon peuple, et cela doit cesser !

C’est un honneur pour moi de rencontrer Ban Ki-moon aujourd’hui. Et pour les raisons déjà citées, c’est une responsabilité qui dépasse de loin la communauté Greenpeace. Nous ferons tout notre possible pour nous assurer de son soutien même si nous savons que le pouvoir des Nations unies est loin d’être absolu. Nous espérons que cette rencontre permettra au moins d’envoyer un signal fort aux nations de l’Arctique : leur approche actuelle est loin d’être adéquate. Et cet avis semble partagé par le plus grand fan de l’Arctique dans la communauté internationale !

Dr Neil Hamilton est conseiller politique sur les questions de l’Arctique - Greenpeace International