Le drame social à Genk nous renvoie face à nos responsabilités. Il est grand temps d’unir nos forces pour construire un avenir durable pour notre pays.

Agoria, la fédération de l’industrie technologique, lance dans le journal flamand De Morgen un appel afin de créer 30.000 emplois dans le secteur de l’énergie renouvelable, en plein essor.

Hasard du calendrier, Greenpeace publiait la semaine dernière un plan énergie pour l’Europe : 120 pages de calculs détaillés expliquant étape par étape comment tirer pratiquement l’ensemble de notre énergie de sources renouvelables d’ici 2050. Cette étude a été réalisée par le Centre allemand pour l’aéronautique et l’aérospatiale, un des instituts de recherche les plus importants et les plus réputés d’Europe.

Moins cher

Une conclusion importante de cette étude est qu’un choix radical en faveur de l’énergie renouvelable permettrait d’économiser beaucoup d’argent. D’ici 2050, 75 milliards d’euros en moyenne pourraient être économisés en Europe sur des combustibles tels que le charbon, l’uranium et le pétrole. Ce montant compenserait largement les investissements supplémentaires de 38 milliards en éoliennes ou en panneaux solaires, soit une économie annuelle nette de 37 milliards.

Le coût de l’énergie renouvelable réside donc dans sa fabrication et dans l’entretien, pas dans les combustibles. Cela explique dès lors facilement pourquoi tant d’emplois seraient ainsi créés, un demi-million en Europe d’ici 2020. Au lieu de gaspiller notre argent dans des combustibles coûteux importés, nous le placerions dans des emplois durables.

En outre, la facture de l’énergie renouvelable a plongé. Les panneaux solaires sont aujourd’hui 4 fois moins chers qu’il y a 5 ans, une évolution incroyable due au fait que quelques pays, tels que l’Allemagne et la Belgique, ont massivement investi dans cette technologie au cours des dernières années. Le coût de l’électricité produite par des panneaux solaires se trouve pratiquement aujourd’hui au même niveau que le prix payé par le consommateur à son fournisseur d’électricité. Nous pouvons donc commencer à cueillir les fruits des investissements des dernières années.

Un choix clair

En matière d’approvisionnement énergétique, notre pays se trouve à la croisée des chemins. Les vieilles centrales nucléaires, au charbon et au gaz ferment leurs portes et de nouveaux investissements s’imposent de toute urgence. C’est pourquoi nous devons faire les bons choix. Nous savons ainsi que les énergies renouvelables sont tout à fait compatibles avec les centrales au gaz modernes, qui peuvent s’adapter avec flexibilité à la production variable par le vent ou le soleil. Nous pouvons en outre compenser la variabilité de l’énergie éolienne en reliant entre eux sur de plus longues distances les parcs à éoliennes. Le développement d’un réseau électrique en mer du Nord peut permettre d’interconnecter les parcs et de recourir par exemple aussi à l’énergie hydraulique de Norvège si le vent devait faire défaut. Comme le vent souffle toujours à l’un ou l’autre endroit de la mer du Nord, l’énergie éolienne en haute mer peut se révéler d’une grande stabilité.

Bien entendu, cette histoire n’offre aucune réponse toute prête aux travailleurs de Ford. Une reconversion ne sera pas possible pour tout le monde. Néanmoins, un choix clair en faveur de l’énergie renouvelable nous permettrait de créer des dizaines de milliers d’emplois dans les prochaines années tout en garantissant notre approvisionnement énergétique. Le drame social à Genk nous renvoie face à nos responsabilités. Nous devons unir nos forces et construire un avenir durable pour notre pays.