Les négociations sur le climat ont commencé ici à Durban et les discussions sur le lien entre déforestation et réchauffement planétaire vont rapidement prendre une tournure des plus concrètes. C'est dans ce contexte particulier que le Brésil s'apprête à porter un sérieux coup à ses efforts dans la lutte contre la déforestation. C'est d'autant plus pénible que ce pays avait pris les devants dans ce domaine.

En 2009, le président Lula s'était engagé à réduire la déforestation de 80% à l'horizon 2020. Ce faisant, il propulsait son pays au rang des leaders de la lutte pour le climat. La déforestation ayant catapulté le Brésil à la quatrième place des pays émetteurs de CO2, il était en effet temps de réagir.

Relancer la machine à déforester

Malheureusement, le parlement brésilien devrait voter dans les tout prochains jours une loi qui met le Code forestier brésilien sens dessus dessous et qui risque de relancer la machine à déforester. Cela fait six ans que le Brésil pouvait aligner des chiffres en baisse mais la perspective d'une adaptation de la législation risque à elle seule de déboucher sur une hausse considérable des coupes forestières.

Selon l'université de Brasilia, on peut s'attendre à une augmentation de 50% de la déforestation au Brésil si la nouvelle réglementation entre en vigueur.

Qui est à la base des changements ? Le lobby agricole, particulièrement bien représenté au sein du parlement brésilien. Il attend, par des modifications de la loi, la mise à disposition de terres pour y pratiquer de l'agriculture et de l'élevage industriel. Ces entreprises investissent des millions pour faire pression et obtenir des changements à leur avantage. Au détriment bien sûr de la protection des forêts.

Une dame en vert ?

Dilma Roussef (qui a succédé à Lula à la présidence du Brésil) est la seule qui puisse encore intervenir pour sauver la forêt amazonienne et concrétiser les ambitions climatiques du Brésil. C'est pourquoi Greenpeace l'invite dès aujourd'hui à éviter de livrer le plus grand poumon vert du Brésil et de la planète aux tronçonneuses.

Des actions sont menées un peu partout dans le monde pour inciter la présidente brésilienne à prendre ses responsabilités et arrêter la destruction. Ici, à Durban, il va sans dire que cela n'est pas sans importance. Pourquoi ? Le Brésil est un des pays clés pour obtenir un accord qui en vaille la peine et qui mène à l'arrêt effectif de la déforestation.

Si tu vas à Rio... n'y va pas sans accord pour les forêts

Le Brésil sera en outre le pays hôte de la prochaine conférence des Nations unies qui se tiendra, l'année prochaine, à Rio. C'est pourquoi, nous nous sommes levés tôt ce matin à Durban pour faire un geste pour l'Amazonie et tenter de faire changer le cours des choses. Le Brésil doit se montrer garant de ses forêts.