De plus en plus d'entreprises adoptent une politique d'approvisionnement exempte de toute déforestation. Ce n’est pas neuf. Mais grâce à notre travail de sensibilisation aux impacts de l'huile de palme et à votre soutien, les choses passent désormais clairement à la vitesse supérieure. Deux nouvelles entreprises viennent en effet d'annoncer leur engagement en faveur d'une huile de palme respectueuse des forêts : Procter & Gamble (P&G) et Lotus Bakeries.

Nous nous demandions encore la semaine dernière quand P&G donnerait suite à l'appel public de 400 000 consommateurs et aux actions de protestation dans le monde entier afin de rejoindre la liste des entreprises renonçant à l'huile de palme issue de la déforestation. C'est maintenant chose faite.

 

L'entreprise vient de franchir un grand pas en publiant mercredi soir son engagement. Si la déclaration affiche un contenu solide, son échéancier laisse malheureusement à désirer : P&G laisse encore la porte ouverte à la déforestation durant six longues années. Cet élément doit absolument être revu et adapté..

La situation est tout autre chez Lotus Bakeries, qui a dévoilé deux jours plus tard, dans son rapport annuel, une ligne du temps beaucoup plus ambitieuse. Les fournisseurs du célèbre fabricant de biscuits devront pouvoir garantir une traçabilité totale d'ici fin 2015, tout en veillant à ce que l'huile de palme utilisée ne soit pas liée à la déforestation, le défrichement des tourbières et l'exploitation sauvage.

Il est particulièrement encourageant de voir que ces entreprises voient plus loin que le bout de leur nez et ne choisissent pas la solution de facilité que représente un soi-disant label de durabilité pour l'huile de palme. Cela reviendrait actuellement à donner à l'huile de palme un emballage vert alors que les activités de déforestation et de destruction des tourbières se poursuivent tranquillement.

 

On croirait que c'était hier : nous avions publié notre briefing sur l'huile de palme en Belgique et des réactions avaient fusé, surtout dans les médias francophones, de la part de plusieurs entreprises que nous citions. Les plus démonstratives à l'époque, telles que Lotus Bakeries et Vandemoortele, se sont depuis lors clairement engagées en faveur d'une huile de palme ne contribuant pas à la déforestation.

Malgré une réaction forte dans les médias, Colruyt n'arrive malheureusement pas encore au niveau de ces entreprises, ni de son concurrent Delhaize, qui est devenu avec votre aide la première chaîne de supermarchés à s’engager pour une politique de non-déforestation en ce qui concerne l'huile de palme.

En d'autres termes, mettre la pression sur les entreprises contribue énormément à les convaincre. Elles entraînent ensuite à leur tour une nouvelle dynamique sur le marché – une dynamique qui doit encore s'accentuer afin de convaincre davantage de producteurs d'huile de palme qu'il devient inutile de saccager des forêts et des tourbières pour aménager de nouvelles plantations. Mais les pouvoirs publics doivent eux aussi prendre leurs responsabilités : il est parfois très difficile, pour les producteurs d'huile de palme, de mettre concrètement en œuvre leur politique de non-déforestation si le cadre réglementaire est inexistant ou beaucoup trop complexe.

C'est dans ce contexte que je repars prochainement en Indonésie, notamment pour promouvoir, avec mes collègues, nos solutions lors du « Forests Asia Summit » qui se tiendra à Djakarta.

En Europe, nous nous penchons sur la réduction de notre empreinte sur les forêts, en commençant par le bois coupé illégalement dans les forêts tropicales.

Continuez à nous soutenir afin de sauver les forêts. Car comme l'a encore récemment souligné le GIEC, les forêts jouent un rôle crucial dans la lutte contre le réchauffement de la planète, et nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de les perdre !

An Lambrechts, chargée de campagne forêts