Ça y est, notre bateau flambant neuf, le Rainbow Warrior est arrivé à Manaus, ville située au cœur de l'Amazonie. Ce voilier équipé des dernières technologies vertes parcourra le fleuve Amazone, un des plus longs fleuves au monde, pendant presque deux mois...  Il retournera au Brésil en juin pour le sommet RIO+20 où les grands de ce monde se pencheront sur les solutions pour combiner le développement économique et la protection de l'environnement.

A son bord, une équipe Greenpeace est prête à mettre les bouchées doubles pour rappeler que l'Amazonie, ça compte. Pour la biodiversité, pour tous ceux qui y vivent et même pour nous.  L'équipe du Rainbow accueillera des personnalités, des scientifiques. Kumi Naido, le directeur général de Greenpeace International a lancé une campagne de solidarité avec cette région du monde.

Vacances ou urgence ?

Mais pourquoi ce bateau chargé d'histoire part-il à la conquête de l'Amazonie ?  La raison principale de ce voyage est d'illustrer et de dénoncer les menaces qui pèsent plus que jamais sur la forêt. A l'heure où de plus en plus de scientifiques s'accordent pour dire que  la déforestation en Amazonie doit s'arrêter si nous voulons éviter une catastrophe climatique et la transformation de la forêt en savane avant la fin du siècle, le Brésil semble prendre une direction dangereuse. Tout cela, nous l'illustrerons tout au long du périple du Rainbow.

Forêt ou pâturages ?

Environ 80 millions de têtes de bétail au cœur de l'Amazonie ? Est-ce qu'on nage en plein délire? Pas du tout. Le Brésil est le plus grand producteur bovin au monde et compte doubler ses élevages dans les prochaines années. Car ces élevages bovins produisent de la viande et du cuir exportés partout à travers le monde et qui se retrouvent dans nos supermarchés, chaussures et voitures. Le problème est que pour faire de la place à ces millions de vaches, les fermiers brésiliens détruisent la forêt. Ces élevages sont actuellement responsables de 61% de la déforestation actuelle. Le voyage du Rainbow Warrior sera l'occasion de faire le point sur cette menace qui pèse dangereusement sur l'Amazonie au même titre que l'exploitation minière ou la culture de soja.

Faire barrage au barrage

Dilma Rousseff, la présidente du Brésil a autorisé la construction du troisième plus grand barrage au monde, situé au cœur de la forêt amazonienne. Et ce, malgré l'opposition des populations indigènes et des associations environnementales exprimée sans relâche ces 20 dernières années...

La construction a débuté en janvier 2012. En immergeant ou en asséchant une surface de plus de 400.000 hectares (ce qui correspond à une superficie égale à la province de Liège), cette construction implique le déplacement de 25.000 personnes et constitue une menace directe pour la faune et la flore locale. En exclusivité, nous démontrons les conséquences tragiques de cette décision.

La saga du code forestier continue

Le Brésil devait décider ce mois-ci du sort réservé au code forestier. Mais le vote a à nouveau été reporté.  La proposition de modification proposée serait dramatique car conduirait à plus de déforestation. Greenpeace veille et s'apprête à agir le moment venu pour convaincre Dilma Rousseff de donner son veto à une telle modification. La Chambre des députés va t-elle voter comme cela est prévu le 13 avril ? Je suis le dossier de près et ne manquerai pas de vous tenir informés...

En attendant, enregistrez-vous et ensemble descendons l'Amazone...