Si depuis deux décennies, le Brésil était considéré comme un leader en matière de développement durable, ce temps semble révolu. Le vote qui a eu lieu à la Chambre des députés ce 25 avril en est un triste exemple. Petit rappel d'une saga mouvementée.

Depuis quelque temps, le groupe des ruralistes, un groupe représentant l'agro-business, voulait affaiblir le Code forestier prétextant qu'il était archaïque et constituait un obstacle au développement économique du Brésil.

C'est en mai 2011 que la proposition de modification a été votée pour une première fois à la Chambre des députés, pour ensuite être votée en décembre 2011 par le Sénat. La procédure légale prévoyait un autre vote par la Chambre des députés. Après plusieurs reports, ce vote a eu lieu ce 25 avril. A 274 voix pour (les ruralistes) et 184 voix contre.

Le dossier sera bientôt entre les mains de Dilma Rousseff, la présidente du Brésil qui aura alors 15 jours pour se prononcer : opposer son veto en tout ou en partie ou accepter le texte dans son ensemble. Dans sa promesse électorale, Dilma s'était engagée à opposer son veto à tout texte qui entraînerait une amnistie pour les déforestations illégales passées et une augmentation de la déforestation. Sauvera-t-elle la face à quelques semaines du Sommet de Rio en juin 2012 ?

Nouveau code, nouvelle menace pour l'Amazonie

Les modifications que les ruralistes entendent apporter au Code forestier constituent une menace pour le climat, la biodiversité et les 24 millions de personnes qui vivent dans cette partie du monde. Datant de 1934, le Code forestier est une loi de base prévoyant notamment la préservation de la forêt amazonienne, le Cerrado (une savane boisée au sud de l'Amazonie) mais aussi le maintien de la végétation sur les pentes raides ainsi que sur les berges du fleuve. Amendes et poursuites sont prévues pour toute déforestation hors du cadre légal.

Regain de déforestation

La proposition adoptée cette semaine prévoit de diminuer la protection légale, autorisant davantage de déforestation  « légale ». Une amnistie est en outre prévue pour des actes de déforestation illégaux antérieurs au 22 juillet 2008. Ce qui signifie que les personnes qui ont déforesté illégalement dans le passé ne seront pas poursuivies et ne devront pas payer d'amendes. Ce message d'impunité a déjà conduit à une augmentation de la violence et de la déforestation.

Depuis le mois de mai 2011, on a constaté une augmentation de la déforestation dans certaines régions ainsi que l'assassinat de plusieurs militants écologistes. Une étude de l'Université de Brasilia estime que la mise en application des modifications du Code forestier pourrait entraîner une augmentation de 50% de déforestation en Amazonie d'ici 2020. Le Brésil pourrait perdre 22 millions d'hectares de forêts, l'équivalent de la superficie du Royaume-Uni.

Greenpeace et certains scientifiques appellent à un arrêt urgent de la déforestation et estiment que le Brésil peut croître économiquement sans déforestation.

Une opposition dense

Greenpeace ne mène pas ce combat seule. Des politiciens brésiliens, des éminents scientifiques, ainsi que 79% des citoyens brésiliens dénoncent ces modifications. Tous en appellent à Dilma Rousseff, la présidente du Brésil pour qu'elle oppose son veto.

Notre action

Greenpeace met les bouchées doubles pour que la communauté internationale fasse pression sur Dilma Rousseff. Elle doit opposer son veto aux changements les plus préjudiciables à la forêt.

Mais Greenpeace va plus loin. Nos collègues brésiliens prévoient de déposer en 2013 une proposition de loi visant à interdire toute nouvelle déforestation. Pour cela, Greenpeace doit réunir au moins 1,4 million de signatures de citoyens brésiliens. Plus de 130.000 signatures ont à ce jour été recueillies.

Si ce texte passe, il assurera une protection plus efficace de la forêt. Pour plus de détails sur ce projet de loi, consultez l'interview de ma collègue des Pays-Bas actuellement en Amazonie, Hilde.

Agissez maintenant et demandez à Dilma Rousseff d'opposer son veto au nouveau Code forestier.

A très vite !