Il y a un an, on a sauvé les meubles à Cancùn et maintenu le processus de négociations sur les rails. Cette fois, il est évident que les opposants à un bon accord sur le climat – les États-Unis en tête – ont mis les bouchées doubles pour chercher les poux et faire capoter l'affaire.

Mais, ce n'était pas plus réjouissant de voir comment l'Union européenne a accepté facilement un compromis avec les États-Unis, malgré la rhétorique de Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'action pour le Climat. Elle est passée au-dessus de l'alliance avec les pays les moins développés et les petites îles pour un résultat qui tient plus du ravalement de façades que de la lutte pour le climat.

Rien de contraignant

Conclusion : l'accord qui aurait dû être sur la table depuis deux ans est à présent repoussé à une date ultérieure, indéterminée, « à partir de 2020 »... L'absence de ligne du temps est la pire erreur qui a été commise avec l'absence d'une garantie absolue d'un accord juridiquement contraignant.

Tous ceux qui sont un tant soit peu de bonne volonté qualifient chaque étape « d'étape importante ». Mais cette fois, c'est plutôt de marche arrière qu'il faut parler. C'est valable pour les différents sous-accords qui ont été négociés. Ainsi, l'accord sur les forêts représente maintenant un risque pour le climat, la biodiversité et les peuples autochtones plutôt qu'une garantie...

Le fonds climat est maintenant doté d'une structure mais il n'est toujours pas financé. La construction de centrales au charbon soi-disant durables est encouragée. Que l'industrie et les intérêts financiers s'en tirent plutôt bien ne laisse finalement que peu de place à l'espoir.

En cause : le manque de volonté politique

Mais soyons clairs : ce processus reste important. Rien que parce qu'il est le seul où un accord sur le climat peut être négocié. En soi, il n'a rien « qui cloche »... Mais par contre, là où le bât blesse, c'est lorsqu'il est question de volonté politique pour faire avancer les choses ou mieux d'absence de volonté politique. Ou encore lorsque l'obstructionnisme prime et paralyse tout le processus...

Rendez-vous au Qatar ?

En route vers un monde où la température moyenne risque d'augmenter de 4°C et pour le Qatar où se déroulera ironiquement le prochain sommet pour le climat ? Pour ma part, je me retire avec plaisir de tout ce « cirque climatique » pour me concentrer sur notre campagne Forêt en Indonésie... Il y a de quoi donner une petite touche plus politique au travail mené sur le terrain et soutenir notre action contre la déforestation imputable à l'industrie du papier et de l'huile de palme...