Quelle journée ! Ce lundi, nous avons assisté à une Conférence internationale sur les relations entre le Brésil et l’Union européenne. Notre objectif était d’entrer en contact avec un des interlocuteurs présents lors de cette première journée : l'ambassadeur du Brésil pour l'Union européenne, Ricardo Neiva Tavares.

Pourquoi avoir bousculé les convenances et pris la parole sans y être invité ? Tout simplement en raison de l’importance de l’enjeu ! Il reste 15 jours à la Présidente du Brésil pour opposer son veto aux amendements destructeurs votés le 25 avril dernier par les députés brésiliens, aiguillonnés par le lobby de l’agro-business.

C'est devant une assemblée assoupie que Greenpeace a pris la parole : juste après le discours de l'ambassadeur, nous avons publiquement déclaré que son Excellence avait oublié de mentionner le vote du Code forestier.

L'ambassadeur ainsi que les organisateurs, embarrassés, nous ont clairement fait comprendre que nous n'avions pas l'autorisation de prendre la parole et nous ont donné l'ordre de nous asseoir. Bousculant le programme établi, l'ambassadeur a pris le micro et dit que le processus de vote du Code forestier était en cours et que nous devions attendre la fin avant d'agir. Il a également rappelé que le taux de déforestation avait diminué ces dernières années.

Greenpeace intervient à l'occasion d'une Conférence internationale sur les relations entre le Brésil et l’UE pour attirer l'attention sur les menaces qui pèsent sur l'Amazonie.

Ces arguments ne tiennent pas la route pour Greenpeace : c'est maintenant qu'il faut agir, avant qu'il ne soit trop tard. Quant au taux de déforestation, même s'il a diminué ces dernières années, il a déjà augmenté dans certains Etats brésiliens et risque certainement d'augmenter encore plus si le code est voté !

Nous avons pu continuer l'échange avec lui et lui avons remis une lettre contenant les arguments de Greenpeace afin qu'il la remette à Dilma Rousseff. Une chose est sûre : Greenpeace a encore une fois réveillé les esprits !

Tout cela s’est déroulé sous les regards attentifs des personnes présentes : des hauts représentants d'instances belges, européennes (commission, parlement) et internationales, des éminents professeurs d'université, des responsables d'entreprises ainsi que de nombreux étudiants.

J’ai déjà évoqué, dans mon blog précédent, les enjeux de ce qui se passe actuellement au Brésil. Pour rappel, si les amendements proposés passent, le Brésil pourrait perdre un territoire boisé plus de sept fois plus grand que la Belgique. C’est en effet l’estimation réalisée par l’université de Brasilia : 22 millions d'hectares de forêt pourraient être sacrifiés d’ici 2020. Le compte à rebours a commencé : Dilma Rousseff devrait recevoir le texte à partir du 7 mai. Elle aura alors 15 jours ouvrables pour donner son veto. Suspense !

Greenpeace en action

Greenpeace n’a pas attendu ce moment pour mettre tout en œuvre pour persuader Dilma Rousseff de tenir ses promesses et de ne pas compromettre l’avenir de l’Amazonie. De nombreux pays se sont mobilisés et la Belgique n’a pas été en reste. Notre pétition a dépassé la barre des 17.000 signatures. 

Mais le combat n'est pas fini et les enjeux sont importants, continuez à signer et à transférer ce lien à vos connaissances !

Vous voulez en savoir davantage ?

  • Consultez notre briefing de campagne. Ce document résume les plus grands dangers que le Brésil fait peser sur l'Amazonie : le vote du Code forestier, les investissements dans le secteur bovin responsable de 61% de la déforestation actuelle et les investissements dans les barrages et routes.
  • Pour approfondir votre connaissance de la problématique sur l'élevage bovin en Amazonie, consultez notre document Broken Promises.  Ce rapport, publié en octobre 2011, se concentre sur JBS, un des plus grands abattoirs au Brésil. Malgré des promesses répétées de ne plus se fournir dans des fermes susceptibles de contribuer à la déforestation, JBS ne s’amende pas.