L’industrie de l’huile de palme est le principal facteur de déforestation en Indonésie. L’expansion des cultures de palmiers à huile saccage l’habitat d’espèces menacées telles que le tigre de Sumatra et l’orang-outan. La progression des plantations de palmiers à huile en Afrique menace désormais aussi d’engendrer un scénario similaire, révèle un article scientifique publié cette semaine.

La déforestation au profit de la production d’huile de palme constitue donc un problème à l’échelle mondiale. Avec le défi du Tigre, nous en appelons à des marques célèbres telles que Colruyt et Delhaize pour qu’elles développent une politique de zéro déforestation. C’est le seul moyen de garantir que les produits que nous achetons ne contribuent pas à la disparition du tigre de Sumatra, de l’orang-outan ou des singes d’Afrique.

Les projets d’Herakles Farms revus à la baisse

L’entreprise américaine Herakles Farms projette d’installer dans le sud-ouest du Cameroun une plantation industrielle de palmiers à huile aux effets dévastateurs. Pendant plus d’un an, il se murmurait que l’accord de leasing avec le gouvernement était pratiquement bouclé. Il a finalement été signé à la fin du mois de novembre.

Je suis inquiet et déçu de cette décision mais la campagne menée contre ce projet – via un effort commun des communautés locales ainsi que d’ONG camerounaises et internationales – a quand même eu un impact. Le projet accuse en effet un sérieux retard et le champ d’application de l’accord de leasing a été fortement revu à la baisse. Au lieu de disposer de 73.000 hectares pendant 99 ans, Herakles n’a reçu, provisoirement, que 20.000 hectares à exploiter pendant 3 ans.

Il s’agit d’une limitation considérable, mais qui ne résout pas les conflits sociaux et les problèmes juridiques. Le projet d’Herakles Farms est un mauvais projet au mauvais endroit. S’il n’est pas bloqué, il créera un précédent particulièrement néfaste.

La polémique environnementale suscitée par le projet d’Herakles est qui plus est confirmée dans un article scientifique paru cette semaine dans la revue spécialisée African primates. Son auteur, le Dr Joshua Linder, y aborde l’impact de l’extension des cultures industrielles de palmiers à huile sur les singes africains. « L’huile de palme et d’autres développements agro-industriels deviendront bientôt la principale menace pour la biodiversité dans les forêts tropicales en Afrique », conclut-il. Sans renversement de la tendance, les conséquences pour les singes africains seraient catastrophiques.

Linder décrit Herakles comme étant à la pointe d’une nouvelle vague de développements industriels concernant l’huile de palme. Il affirme que la plantation entraînera non seulement la disparition de populations d’animaux de grande valeur au sein même de la plantation, mais qu’elle affectera aussi gravement l’intégrité de quatre zones protégées voisines.

Greenpeace Afrique a déjà attiré l’attention sur la présence d’espèces de singe menacées dans la concession d’Herakles Farms.

Herakles… et les autres

Herakles Farms a beau faire la course en tête, elle n’est pas seule... Cargill souhaite démarrer une plantation de palmiers à huile dans la même région qu’Herakles au Cameroun. De l’autre côté de la frontière, au Nigéria, Wilmar est aussi en train d’agrandir un projet dédié à l’huile de palme. Au Congo-Brazzaville, une entreprise malayisienne installe un énorme projet d’huile de palme au sein de la forêt vierge tropicale, où vivent des gorilles et des éléphants de forêt d’Afrique. Au Libéria, 600.000 hectares ont déjà été attribués à des plantations de palmiers à huile. Ces nouvelles concessions se chevauchent avec des zones densément vierges alors qu’elles sont importantes pour la conservation d’espaces menacées comme le chimpanzé. Dans ces forêts, on trouve également de nombreuses espèces animales et végétales rares.

Et la liste n’a pas fini de s’allonger en Afrique... En Afrique centrale et de l’Ouest, les projets d’huile de palme industriels se succèdent et bon nombre d’entre eux s’accompagnent d’opérations de déforestation et de destruction de l’habitat d’espèces animales menacées.

Les entreprises qui utilisent de l’huile de palme doivent d’urgence prendre leurs responsabilités en adoptant une politique qui garantisse une huile de palme produite exclusivement sans déforestation. Mettez-les au défi !