Haute tension à Djakarta où je me trouve en ce moment. Ce 20 mai au plus tard, une décision capitale pour l’avenir des forêts doit être prise : l’Indonésie va-t-elle prolonger le moratoire sur l’attribution de nouvelles concessions forestières ? Ce moratoire nous a déjà mobilisés une bonne partie de l’an dernier. Rétroactes.

Le moratoire a été instauré voici deux ans. C’est le fruit d’un accord entre l’Indonésie et la Norvège. La Norvège a mis sur la table un milliard de dollars pour inciter l’Indonésie à protéger ses forêts et ce, dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques.
Si ce moratoire a toujours présenté des faiblesses notoires, il n’en reste pas moins un instrument essentiel pour éviter de sacrifier des forêts d’une incroyable biodiversité pour satisfaire l’appétit féroce de l’industrie de l’huile de palme.

Interpeller les décideurs politiques

Le ministre indonésien des forêts et l’administration du président Yudhoyono semblent l’avoir bien compris. Malheureusement, le ministre de l’agriculture fait, pour sa part, le jeu du lobby de l’huile de palme. Vous imaginez sans mal à quel point ce lobby est puissant. C’est à présent au président qu’il incombe de trancher. Va-t-il tenir son engagement en faveur des forêts ? Pour éviter de voir l’efficacité de cet outil réduite à peau de chagrin, nous maintenons la pression sur tous les acteurs. Tant en Indonésie qu’en Norvège. Mission ? Interpeller les décideurs politiques.

Yuyun et Erika, chargés de mission pour les bureaux indonésien et norvégien de Greenpeace, ont récemment mené une expédition à Riau (Sumatra). Plusieurs journalistes les ont accompagnés. L’idée était de se rendre compte à quel point la problématique de la déforestation est et reste importante. 

Le Rainbow Warrior est quant à lui arrivé dans la province indonésienne de Papouasie. On y trouve encore de grandes surfaces de forêts intactes, ce qui n’est pas sans attiser la convoitise de l’agro-industrie… Objectif de son périple ? Attirer l’attention du plus grand nombre sur la richesse et la fragilité de ce magnifique écosystème. Dans cet archipel, la sensibilisation reste capitale.

Environ 10% des forêts tropicales au monde se trouvent en Indonésie. Il y a un demi-siècle, 82% du territoire indonésien était couvert par les forêts. Aujourd’hui, ce chiffre se réduit à 48%...  Un drame pour l’habitat d’espèces emblématiques comme l’orang-outan ou le tigre de Sumatra. Pas besoin de chercher loin pour rester motivée ! On croise les doigts pour le 20 mai et c’est promis, je vous tiens au courant.