A Durban, l'Union européenne se trouve face à un choix : prendre le leadership et défendre pleinement la poursuite du Protocole de Kyoto ou se cacher derrière les pays qui se sont déjà désolidarisés de cet accord.

L'Europe doit prendre le leadership et soutenir le Protocole de Kyoto

Il est clair qu'on ne peut pas véritablement compter sur les autres signataires de Kyoto : le Canada, le Japon et l'Australie ne semblent plus intéressés ; quant à la Russie, elle ne le remet pas en cause, mais nous pouvons faire une croix sur les engagements sérieux que ce pays pourrait prendre ces prochaines années.

En coulisses : discussions passionnantes

Pouvons-nous nous attendre à ce que des efforts sérieux soient accomplis ces prochaines années ?  Ou la question de la poursuite du Protocole sera-t-elle renvoyée aux calendes grecques, c'est-à-dire  jusqu'en 2020 ? L’Europe doit continuer à opter pour la première solution. Or, cette semaine, des dissensions sont apparues entre les États-membres et la Commission européenne. Heureusement, la Belgique continue à maintenir le cap, même sans gouvernement.

En fin de compte, cela signifie que les discussions sur l'avenir du Protocole de Kyoto se tiendront pour l'essentiel entre l'UE et les pays émergents, comme la Chine, l'Inde et le Brésil, mais aussi le pays hôte, l'Afrique du Sud. L'UE attend de ces derniers qu'ils prennent des engagements mieux ficelés pour compenser la brèche ouverte par leurs émissions de gaz à effet de serre.

Les discussions en coulisses sont passionnantes et détermineront en grande partie l'issue du Sommet de Durban. Admettons-le, pour nous, les ONG, il est bien difficile de savoir ce qui se trame exactement en coulisses mais ce qui est sûr, c'est que des discussions sont en cours et c'est une bonne chose !

Éviter une décennie de perdue

ECO, un bulletin émis quotidiennement par les ONG, a diffusé hier un article sur le leadership européen dont nous aurions besoin. C'est surtout la Commission européenne qui y est rappelée à l'ordre. Selon les dernières communications émanant de l'UE, il y aurait encore de l'espoir que l'Europe s'engage totalement en faveur de la poursuite du Protocole. Mais d’autres communications de l'UE sont bien plus ambiguës.

Nous craignons que les dirigeants recherchent une date (2020) qui arrangerait davantage les États-Unis. Or, pour véritablement progresser, il faut que l'Europe, tout comme la Chine, l'Inde et les pays d'Afrique prennent leurs distances par rapport aux États-Unis et décident d'avancer ensemble. Reste à croiser les doigts pour que l'Union européenne ne nous fasse pas perdre une décennie de plus dans le processus des négociations !