Il y a presque un an, dans le monde entier, des centaines de milliers de personnes ont convaincu le plus grand groupe mondial du secteur de l'alimentation et des boissons que la forêt indonésienne et ses habitants avaient d'urgence besoin d'une pause. Et qu'il était donc indispensable d'éliminer des chaînes de production les produits responsables de la déforestation.

L'impact de cette campagne a dépassé nos rêves les plus audacieux : la pression sur Nestlé n'a pas été exercée seulement par nos sympathisants et nos militants, mais aussi par des consommateurs conscientisés. Le géant de l'alimentation a donc décidé de prendre des risques et d'assumer des engagements fermes en la matière.

Nestlé a annoncé un partenariat avec The Forest Trust (TFT), une organisation qui l'aide à « bannir » la déforestation de l'ensemble de sa chaîne de production. La nouvelle politique de Nestlé prévoit également une transparence accrue. De telles avancées sont considérables : vous seriez stupéfaits de savoir à quel point les entreprises qui connaissent l'origine précise des produits qu'elles achètent sont peu nombreuses.

La puissance du citoyen

La déforestation reste un sujet brûlant et l'engagement de Nestlé en offre une preuve supplémentaire. Mais il montre également à quel point une de nos campagnes les plus innovatrices a pu se montrer efficace. Il est extraordinaire de constater la puissance que peut avoir le consommateur ou le citoyen engagé. Nous ne pourrons jamais assez remercier toutes les personnes qui ont apporté leur contribution à cette réussite. L'intérêt suscité par notre vidéo « Have a break » a progressé à un rythme fantastique, en provoquant l'embarras de Nestlé dans ce qui constitue pour la société un véritable fiasco en termes de relations publiques. 2 millions de personnes à travers le monde ont déjà regardé notre petit clip.

Un an plus tard, Nestlé a adopté de nouvelles directives (les Responsible Sourcing Guidelines) ; l'entreprise a mis sur la table la quasi-totalité de sa chaîne d'approvisionnement en huile de palme, et elle étudie avec ses fournisseurs les points problématiques. Ils examineront ensuite ce qui doit changer pour limiter l'impact sur les forêts.

Les progrès enregistrés ne s'arrêtent pas là. Au début de cette année, Golden Agri Resources (GAR), la branche de Sinar Mas pour l’huile de palme, a annoncé l'adoption d'un ambitieux règlement pour la conservation des forêts, comprenant notamment l'instauration de vastes réserves pour les orangs-outans et le respect des droits des peuples indigènes.

Papeteries

Prenons garde toutefois à ne pas nous réjouir trop vite. Les forêts indonésiennes disparaissent encore à un rythme impressionnant. Alors que GAR fait un effort pour adapter ses pratiques, une autre branche de Sinar Mas, Asia Pulp and Paper (APP), agit exactement en sens contraire. Des millions d'hectares de forêt équatoriale sont chaque année broyés dans les fabriques de pulpe et de papier du plus grand producteur indonésien de papier. Les forêts concernées présentent une teneur élevée en carbone et sont en même temps l'habitat du tigre de Sumatra, menacé d'extinction.

Le gouvernement indonésien laisse faire. La carte qu'il a publiée la semaine dernière pour annoncer un moratoire sur la déforestation traduit une volonté manifeste de ne pas gêner les activités d’APP. L'entreprise papetière peut continuer à détruire des forêts et des tourbières.

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Cela signifie que nous devons encore une fois adresser à APP et à Sinar Mas un signal leur rappelant qu'elles doivent mettre fin à leurs activités de déforestation. Car aussi longtemps que cette entreprise détruira les forêts indonésiennes, tous ses produits continueront d'être la cause de ce scandale écologique et Greenpeace continuera à dénoncer ses mauvaises pratiques.

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