Je reviens vers vous pour vous rapporter des nouvelles du Brésil. Ce pays, vous vous en souvenez peut-être, s'était engagé dans la modification de son Code forestier. Un long processus légal pour finalement aboutir au sabotage de la protection forestière.
Après de nombreuses discussions et décisions intermédiaires, ça y est, la décision finale a en effet été prise en ce mois d'octobre par la Présidente Dilma Rousseff. Rappelez-vous, nous lui avions demandé à de nombreuses reprises et partout dans le monde d'utiliser son veto pour freiner les réformes souhaitées par le lobby de l'agro-business. Son refus ne nous décourage pas pour autant !

Nous mobilisons et continuerons à mobiliser pour obtenir une vraie protection de ce biotope exceptionnel. Notre nouveau projet intitulé « loi Zéro déforestation » a déjà remporté pas mal de succès parmi les communautés locales.

Qu'est-ce qui va changer ?

Suite aux modifications du Code forestier récemment adoptées, il faut s'attendre à une amnistie pour les déforestations illégales passées, et à une réduction de la surface protégée.
Si nous n’agissons pas, cela conduira à une augmentation de la déforestation. En effet, le Brésil envisage de doubler ses investissements dans les secteurs causant le plus de déforestation : le secteur bovin et les infrastructures telles que les routes et les barrages. Mes collègues brésiliens, actifs sur le terrain, me l'ont confirmé, la déforestation reprend déjà de plus belle. Les destructeurs de la forêt ont tout simplement anticipé les effets de la réforme du Code forestier...

Nous devons donc agir si nous voulons éviter que la déforestation en Amazonie atteigne un seuil dramatique pour le climat, la biodiversité et sa population.

Une nouvelle loi s'impose

Le Brésil prévoit la possibilité de déposer une loi citoyenne. C'est ce que nous essayons de faire avec notre projet « Zero Deforestation ». Si ce projet abouti, une nouvelle loi interdira toute nouvelle déforestation massive et remplacera le Code forestier sur ce point.
Pour que ce projet de loi puisse être déposé, il faut recueillir 1,4 million de signatures de citoyens brésiliens. En quelques mois, Greenpeace Brésil en a déjà recueilli 600.000… Nous sommes donc confiants dans le fait de pouvoir recueillir le nombre nécessaire de signatures. Mes collègues brésiliens s'y emploient et croyez-moi, ils mettent vraiment les bouchées doubles. C'est incroyable le travail qu'ils font pour convaincre les tribus indigènes, les organisations actives dans la forêt et surtout les politiques qui seront amenés à voter le texte... Et j'oubliais, les entreprises à convaincre.

L'enjeu est de croire en la possibilité d'un développement sans déforestation. Moi, j'y crois ! Il y a tellement à gagner à garder cette belle forêt sur pied...