La Micronésie, Samoa, Tuvalu, cela vous dit quelque chose ? L'île de Saint-Vincent et l'archipel des Grenadines ? Ou l'île de Sainte-Lucie ? Tous ceux qui sont impliqués dans les négociations climatiques les situent les yeux fermés sur un planisphère, tantôt du côté du Pacifique, tantôt du côté des Caraïbes. Et ce n'est pas parce qu'ils sont férus de géographie !

Ces îles se battent pour un accord climatique contraignant qui permettrait de maintenir l'augmentation des températures sous les 1,5°C. Elles n'ont que des petites délégations mais elles parviennent à se faire remarquer là où il faut dans les négociations ! Leurs populations subissent de plein fouet les conséquences du réchauffement planétaire. De fortes tempêtes tropicales menacent de les balayer de la carte quand ce n'est pas l'eau de l'océan qui s'infiltre dans leurs sols poreux et inonde leurs champs et leurs habitations.

Petites îles, grandes ambitions en matière de protection du climat.

Des moyens pour s'adapter

Cette semaine a été marquée par le début de la partie « ministérielle » des pourparlers. Et une fois encore, ces petites îles ont donné l'impression d'être les seules à avoir compris de quoi il retourne réellement. Car, malheureusement, tout indique qu'il n'y aura pas de moyens supplémentaires pour leur permettre de « s'adapter aux circonstances ». Le terme utilisé dans le jargon onusien est effectivement celui d'adaptation.

Vu la teneur actuelle des négociations, on peut même craindre que la plus petite avancée ne risque d'être prise pour une « grande victoire »... Et même par les pays africains, qui ont aussi des populations touchées par le changement climatique et et qui sont forcées de fuir la sécheresse et la désertification... Alors que - ne l'oublions pas - il faudrait tout de même que l'on trouve une solution pour les aider à faire face. Pour les petites îles, un « bon résultat » risque bien d'être un résultat insuffisant.

Emplâtre sur une jambe de bois ?

Tant que rien ne se passe pour s'attaquer à la racine du problème et réduire les émissions de gaz à effet de serre via un accord contraignant et ficelé d'ici 2015, tout en conservant le Protocole de Kyoto, on pourra parler d'emplâtre sur une jambe de bois. Et, bien sûr, force est de répéter une fois encore que la balle est dans le camp des pays en voie de développement et de l'Union européenne (UE).

Nos ministres vont devoir sérieusement retrousser leurs manches. Cela fait bien longtemps que l'UE n'a plus joué un rôle aussi déterminant dans les négociations. Et il faut bien avouer que jusqu'à présent, l'Europe a perdu son leadership. Un Etat membre semble fait sur ce plan figure d'outsider. Un petit Etat membre... Eh oui, la Belgique qui s'est efforcée de maintenir l'UE au top sur tous les fronts. En réalité, c'est hallucinant de constater que les plus grands fans d'un accord climatique digne de ce nom sont de petits pays qui se tiennent les coudes. Et si quelqu'un allait faire une petite brèche dans le système de protection des Pays-Bas contre la montée des eaux ? De la sorte, leur ministre sera peut-être également mandaté pour sauver le Protocole de Kyoto !