En Amazonie, nous frôlons une catastrophe écologique. Ici à Durban, le Brésil a fait la démonstration qu'au fond, la protection de la biodiversité ou des droits des peuples autochtones, il s'en fout. Même si de nombreuses vies en dépendent et que la forêt amazonienne abrite une foultitude d'espèces végétales et animales.

Pendant que l'on négocie à Durban, le sénat brésilien a voté une nouvelle législation concernant les forêts qui ouvre la porte à la destruction à grande échelle de ce précieux écosystème. Dilma Rousseff, la présidente est la seule qui peut encore changer le cours des choses et s'opposer aux changements apportés par cette nouvelle loi. Il faudra pour cela un nouveau passage à la Chambre et enfin, dans quelques semaines sans doute, une signature présidentielle. Pour comprendre ce qui est en jeu, visionnez notre vidéo:

La nouvelle loi place le Brésil et le reste du monde face à un fameux cercle vicieux. Les émissions de CO2 issues de la déforestation en Amazonie aggravent les changements climatiques. Les coupes forestières que l'on y déplore rendent les forêts plus vulnérables aux incendies.

Brésil à Durban : on cultive le paradoxe

Entre-temps, les couloirs de Durban s'emplissent de rumeurs comme quoi les Brésiliens font tout pour ne pas avoir à négocier dans les prochaines années un accord sur le climat contraignant. Cela signifie qu'ils peuvent prendre leurs propres objectifs en matière de déforestation par dessus la jambe. Ceci explique peut-être pourquoi ces derniers temps, le taux de déforestation diminue pour remonter ensuite et puis s'infléchir à nouveau. Nous sommes entrés dans une zone de turbulences...

A Durban, beaucoup de choses dépendent des accords scellés entre l'Union européenne, la Chine et l'Inde. Mais à présent le Brésil, pourrait bien faire figure de pomme pourrie. Encore qu'il faille bien sûr pour cela que les trois ténors précités démontrent qu'ils sont effectivement prêts à s'engager. Cela ne suffit pas de l'affirmer dans les médias.

Heureusement, le Brésil peut encore redresser la barre. Tout d'abord en conservant le Code forestier actuellement en place. Mais aussi en rattrapant les quelques bourdes commises la semaine passée et en prenant le lead sur l'accord de financement pour les forêts. Cela pourrait sauver un peu la mise puisque le texte à présent sur la table est des plus faibles comme évoqué dans mon billet précédent.

Et, bien sûr en acceptant un timing clair pour les négociations d'un nouvel accord sur le climat contraignant.