Le Brésil vient de publier des chiffres montrant que pour la énième année consécutive, la déforestation continue à régresser dans le pays. Elle atteint aujourd'hui 6451 km² par an. Bien sûr, cela reste beaucoup et nous attendons des Brésiliens qu'ils poursuivent leurs efforts pour enrayer la déforestation d'ici 2015.

Ces chiffres prouvent cependant que le développement économique du pays ne doit clairement pas se faire au détriment de la forêt tropicale. Des choix politiques allant dans ce sens s'imposent. Espérons que les chiffres brésiliens puissent influencer les négociations ici à Cancun.

Parvenir à un accord relatif aux forêts et au climat figure parmi les priorités des ministres de l'Environnement la semaine prochaine. Ces derniers jours, nous avons réalisé à quel point cela était important...

Différents pays qui, à Copenhague, s'étaient prononcés en faveur d'un accord REDD (Reducing Emissions from Deforestation and Forest Degradation) revoient aujourd'hui leur position à tel point que REDD risque d'ouvrir la voie à de fausses réductions des émissions. En effet, les multinationales pourraient utiliser REDD pour ne pas réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, sous prétexte qu'elles participent à la sauvegarde des forêts.

Nous ne voulons pas d'un tel accord REDD. Un bon accord doit protéger les forêts, la biodiversité, les droits des peuples autochtones ET le climat.

C'est pourquoi nous appelons l'Afrique, l'Europe et une série de pays d'Amérique latine et d'Asie à  s'en tenir à leur position initiale et à ne pas transformer REDD en un mécanisme de compensation pour des entreprises américaines polluantes qui souhaitent avant tout racheter leur dette Climat.

Pour le monde entier, le prix à payer serait particulièrement élevé. Nos ministres auront du pain sur la planche la semaine prochaine !