Opposer son veto ou pas au nouveau Code forestier brésilien, voilà la question que se posait Dilma Rousseff, la présidente du Brésil depuis des semaines. Il lui fallait choisir aussi entre favoriser le lobby industriel ou respecter sa promesse électorale et entendre la voix de 80% des Brésiliens qui lui demandaient de s'opposer à un Code forestier affaibli...

Réponse dans un nuage de confusion

Rien de clair n'a été annoncé le vendredi 25 mai 2012 par les ministres brésiliens de l'Environnement, de l'Agriculture et du Développement rural lors de la conférence de presse pendant laquelle la présidente brésilienne a rendu sa décision publique. Pour les autorités brésiliennes, elle a pris une décision « idéale » combinant les intérêts de l'agro-business et la protection de l'environnement. Pratiquement, elle a opposé un veto à 12 articles sur 84. Elle a bloqué ces articles dans “l'intérêt de la conservation et d'une production agricole durable” déclaraient les ministres. Tout allait bien dans le meilleur des mondes. Nous avons dû attendre le lundi 28 mai pour recevoir les détails des modifications apportées au texte.

Des amnisties et une augmentation de la déforestation !

Que dit réellement ce texte ? Contrairement à la déclaration des ministres brésiliens vendredi dernier, des amnisties pour les déforestations antérieures à juillet 2008 sont toujours présentes dans le texte. La surface qui doit légalement rester boisée pourra diminuer dans certains États ainsi que notamment le long des rivières et sur les flancs de collines.

Le mécanisme de contrôle de la déforestation sera rendu plus difficile et incombera désormais aux États et municipalités au lieu de l'État fédéral. Cela risque de rendre les contrôles moins transparents et l'accès aux données plus difficile. En clair, le texte de Dilma Rousseff est loin d'aller dans la bonne direction ! Du moins si l'idée est de respecter le cadre de vie de millions de personnes, de préserver la biodiversité et de lutter contre le réchauffement planétaire... Pour nous, la décision de Dilma Rousseff ne pourra que se traduire par plus de déforestation.

Code forestier : la fin d'une saga ?

Non, tout n'est pas encore terminé. Le texte doit encore être avalisé par le Congrès brésilien (composé de la Chambre des députés et du Sénat) dans un délai qui n'est pas déterminé. Ensuite seulement, il entrera en vigueur et remplacera l'actuel Code forestier. Il semble évident que les autorités brésiliennes essayent de sauver l'image du Brésil en noyant le poisson avant la conférence sur le développement durable qui se tiendra à Rio au Brésil du 20 au 22 juin.

Nous ne baissons pas les bras

Tout d'abord, nous voulons vous remercier pour votre soutien : vous avez été 25.000 en Belgique à signer la pétition ! Ce qui est un record. Tous ces courriels qui ont été envoyés à Dilma Rousseff ont augmenté la pression internationale sur le Brésil et ont compliqué la tâche de sa présidente, plus question de couler le code dans l'anonymat.

L'action de Greenpeace ne s'arrêtera pas là : le bureau brésilien de Greenpeace proposera en 2013 un projet de loi brésilien visant à interdire toute nouvelle déforestation de la forêt amazonienne. Ce texte, s'il est voté, annulera les dispositions du Code forestier autorisant la déforestation.

Nous vous en reparlerons bientôt et vous demanderons votre aide pour récolter les signatures de citoyens brésiliens nécessaires à la mise en œuvre de ce projet.

A très vite !

Faites un don pour soutenir notre campagne « Zéro Déforestation »