Mise à jour à 16h: L'action menée ce matin à Grimbergen s'inscrivait dans un contexte international puisque plusieurs autres actions ont été menées dans le monde pour inciter P&G à développer une politique de non-déforestation. En Indonésie, vingt activistes ont déployé une immense banderole au bureau de P&G à Jakarta. A Laguna, aux Philippines, P&G a reçu la visite d'activistes déguisés en tigre. Au Royaume-Uni, cinq activistes de Greenpeace ont été expulsés d'une conférence industrielle sur la soi-disant politique de durabilité de P&G après avoir posé une série de questions jugées trop dérangeantes. Enfin, une action a également été menée en Inde, à la succursale locale de P&G.


 

Ce matin, je suis sorti plus tôt que d’habitude de mon lit douillet. A partir de sept heures, je faisais le pied de grue avec d’autres activistes de Greenpeace à l’entrée du siège belge de Procter & Gamble à Grimbergen. Il s’agit également du plus important centre de Recherche et Développement européen du groupe. Plus de 1.500 personnes y travaillent. Ils y développent les poudres à lessiver et les détergents des marques bien connues de P&G. Mais ce n’était nullement l’une ou l’autre innovation qui nous amenait à Grimbergen. Nous étions venus pour demander à P&G de garantir que des produits comme Head & Shoulders ne contribuent pas à la destruction de la forêt tropicale.

Cette action allait de pair avec la publication d’une nouvelle enquête de Greenpeace. Au moyen d’une analyse cartographique et d’une investigation de terrain, mes collègues en Indonésie ont découvert qu’un fournisseur en relation avec P&G est impliqué dans un déboisement à grande échelle de la forêt tropicale dans la province indonésienne de Papua.

Voilà qui renforce la preuve qui pesait déjà sur les épaules de P&G. Le mois dernier, nous évoquions la destruction de l’habitat des orangs outans dans des plantations liées à la chaîne d’approvisionnement de P&G. Et nous avons découvert deux zones de déforestation à grande échelle au sein de concessions de deux producteurs qui fournissent directement P&G.

Au cours des précédentes semaines, plus de 340.000 personnes ont demandé au directeur de P&G  d’arrêter d’utiliser de l’huile de palme issue de la déforestation. Nos bénévoles ont mené des actions devant les bureaux de P&G et ont interpellé des consommateurs, des Philippines à la Finlande. Mais P&G continue à chanter le même refrain de la prétendue ‘huile de palme durable’. Notre étude de terrain montre ce que la ‘durabilité’ signifie pour  P&G...

Pourtant, il est possible d’obtenir de l’huile de palme propre. Hier, le concurrent de P&G, Colgate-Palmolive s’est engagé à bannir toute matière provenant de la destruction des forêts dans ses produits, rejoignant de la sorte Nestlé, Unilever, Ferrero, Delhaize, L’Oréal et Mars, qui ont déjà pris un tel engagement. Le fabricant de Head and Shoulders se retrouve de plus en plus seul...

Demandez à  P&G de veiller à ce que nous puissions nous laver les cheveux sans que la forêt tropicale ne soit emportée avec l’eau de notre douche!