Vous vous en souvenez peut-être, lors de notre récente campagne pour l'Amazonie, nous avons dénoncé les diverses menaces pesant sur cette magnifique forêt.
Parmi celles-ci, la fonte brute. En anglais, on parle de « pig iron ». Ce qui est génial, c'est que les entreprises qui produisent ce minerai viennent de signer un accord. Une bouffée d'oxygène pour la forêt et ses habitants !

Dans le cadre de cet accord, les entreprises s'engagent à éliminer de leur chaîne d'approvisionnement tout produit issu de la déforestation, l'invasion de terres indigènes et d'esclavage. L'accord porte sur un des états d'Amazonie, le Maranhão.

Tout a commencé par la publication d'un rapport consacré à cette problématique complexe puisqu'elle établit un lien entre le charbon de bois produit au détriment de l'Amazonie et des constructeurs automobiles !
Lisez  le rapport en anglais.


Nos actions ont porté leurs fruits

La publication de ce rapport a été suivie par une action menée par nos collègues de Greenpeace Brésil. Rappelez- vous, il y a quelques semaines, des militants de Greenpeace ont bloqué un cargo, le Clipper Hope, au Brésil en s'attachant à la chaîne de l'ancre du bateau.

Pourquoi ? Ce cargo s'apprêtait à charger des quantités importantes de fonte brute provenant de la forêt amazonienne. Suite à cette action, le vice-gouverneur du de l'Etat du Maranhao a civité l'industrie du « pig iron » et la société civile à se mettre autour de la table et parvenir à un accord. Une intitiative qui a porté ses fruits.

Action de Greenpeace contre la déforestation de la forêt amazonienne.


Une industrie destructrice

Comme notre rapport l'indique, le pig iron est de la fonte brute (un intermédiaire entre le minerai de fer et l'acier) qui est produite au Brésil et exportée à plus de 90% vers les Etats-Unis. Cette fonte brute est ensuite transformée en acier servant à la fabrication d'électroménagers et de voitures telles que Ford, Mercedes, Nissan et GM.

Cette industrie pose plusieurs problèmes. D'une part, elle a besoin, pour transformer le minerai fer en fonte brute, d'un combustible. Or, ce combustible, elle le fabrique en chauffant du bois pour le transformer en charbon. Or, cette étape provoque la destruction de la forêt amazonienne et provient souvent de terres indigènes ou de zones protégées. Ensuite, pour effectuer ce travail de cuisson dans des fours en terre cuite, elle utilise des personnes travaillant dans conditions d'esclavage.

Destruction de la forêt amazonienne, esclavagisme, invasion de terres indigènes sont donc les principaux problèmes que Greenpeace a dénoncé dans son rapport.

Utilisation du charbon pour transformer le minerai fer en fonte brute.  Charbon provenant du bois de la forêt amazonienne


Une belle avancée pour la protection de l'Amazonie

Cet accord est un pas important vers la suppression de la déforestation et la réduction de l'esclavage. Cela montre aux autorités brésiliennes que de jour en jour, de plus en plus d'entreprises reconnaissent la nécessité de mettre un terme à la déforestation.

Mais le combat n'est pas fini. Il faut maintenant obtenir un tel engagement dans d'autres États brésiliens comme l’État de Para où l'extraction de ce minerai pose problème.

Nous nous rapprochons de notre objectif zéro déforestation en 2015 mais il reste encore du chemin à parcourir notamment le renouvellement du moratoire sur le soja (fin de l'année 2012), dans le dossier sur le secteur de la viande (JBS).

Nous suivons également de près les dossiers et aurons besoin de votre soutien dans les prochaines semaines.

Continuez à nous soutenir !

Julie