Drive your dream, le motto du Salon de l'Auto qui s'est ouvert le 14 janvier nous invite à conduire nos rêves. Le rêve automobile a un prix et c'est particulièrement vrai pour la voiture de société. Le maintien de ce régime fiscal favorable représente un manque à gagner pour l'Etat belge de 4,1 milliards d'euros par an...

Vu sous cet angle, le «Je m'en fous, c'est pas moi qui paie!» de l'automobiliste doté d'une voiture de société prend tout de même un petit goût salé. Celui d'une addition partagée entre ceux qui ont droit à leur bagnole de société et les autres... Mais aussi une addition qui vient alourdir notre dette envers le climat !

Car, en fin de compte, bien au chaud dans sa voiture de société, le Belge ne fait pas autre chose que de se précipiter dans les embouteillages qu'il a lui-même indirectement « sponsorisés ». En Europe, la majorité des pays limitent l'usage de la voiture de société aux professions pour lesquelles la voiture est un outil de travail réel. Seuls les vendeurs ou les techniciens bénéficient de ce qui semble être une panacée. Alors qu'en Belgique, un conducteur sur cinq serait au volant d'une ces voitures sponsorisées par l' Etat belge.

La voiture de société, catalyseur d'embouteillages

Pourquoi tirer à boulets rouges sur un système tellement bien ancré chez nous ? Tout simplement parce que l'on compte plus d'un revers à la médaille de la voiture de société. C'est un catalyseur d'embouteillages. Sur un axe de circulation comme le ring de Bruxelles, on estime qu'aux heures de pointe, une voiture sur deux est une voiture de société.

Agir sur le régime fiscal des voitures de société est donc une manière particulièrement efficace de s'attaquer à la congestion qu'on y déplore. Et n'est-ce pas là une belle manière de mettre en pratique le nouveau slogan du Salon de l'Auto 2011 : Drive your dream ? On pourrait ainsi conduire nos rêves ailleurs que dans le bouchon du carrefour Léonard ! Bien sûr, il est essentiel en parallèle d'abandonner le projet d'élargissement du ring de Bruxelles - actuellement dans les cartons de la Région flamande - au profit d'alternatives plus durables.

Au rang de ces alternatives, on dénombre la mise en place d'un système de taxation intelligente au kilomètre et l'optimalisation de l'offre en transports en commun. Beaucoup reste aussi à explorer en ce qui concerne l'émergence d'une mobilité durable axée sur la combinaison de moyens de transport entre autres routiers et fluviaux. Sans oublier tout le potentiel de moyens de transport pauvres en carbone comme le vélo par exemple.

Qui gagne ? Qui perd ?

La mise en œuvre de ces alternatives pourrait se révéler profitable aux entreprises qui bénéficient actuellement du régime accordé aux voitures de société. En effet, les entreprises ont tout intérêt à faire sauter les bouchons. Des employés moins stressés et plus ponctuels, c'est tout bénéfice pour l'employeur. Rappelons tout de même que les embouteillages se soldent annuellement par des pertes économiques directes d'un demi milliard.

Est-ce l'employé qui se verrait lésé si l'on cessait de lui proposer des voitures de société ? Rien n'est moins sûr. L'État ne cherche-t-il pas ailleurs les 4,1 milliards de manque à gagner qu'il tolère avec les voitures de société? Tout porte à le croire. Et l'employé oublie trop souvent que la portion de salaire qui lui est allouée sous forme de cadeau à quatre roues n'entre pas en ligne de compte pour le calcul de sa pension...

Ne serait-il pas temps de dire : «Je ne m'en fous plus, c'est ma santé, mon bien-être, mon environnement direct et le climat qui paient!»? Et l'on pourrait alors se mettre à rêver. Rêver d'un pays qui ne consacre plus 1,2% de son PNB à maintenir la subsidiation indirecte des voitures de société. Un mécanisme financier qui freine insidieusement l'élan de ceux qui seraient prêts à réduire leur utilisation de la voiture mais se voient offrir un véhicule généralement surdimensionné.

Le Salon de l'Auto offre du rêve, le temps d'une visite, c'est indéniable. Mais quand on considère le potentiel d'une refonte du régime fiscal de l'automobile, on doit se pincer pour se dire, oui, c'est vrai : on va y arriver. Le secteur Transport reste aujourd'hui le principal moteur du réchauffement climatique. A notre époque, dire « Je m'en fous, c'est pas moi qui paie ! » prête doublement à conséquence. On ne va tout de même pas laisser tout aller à vau-l'eau pour aller s'em.... dans les files sur le R0 !

 

La jeunesse d'aujourd'hui... créative et soucieuse de l'environnement!


Voitures de société, fiscalité, gouvernement, problèmes d'embouteillages... Les jeunes n'y connaissent rien. Du moins, c'est ce que nous pensions. Jusqu'à ce qu'un professeur de la Haute Ecole Sint-Lukas de Bruxelles nous offre la possibilité de confier un travail créatif à huit de ses étudiants en publicité. Nous avons accepté la proposition, curieux de voir comment huit jeunes créatifs, extérieurs à Greenpeace, aborderaient un dossier aussi complexe que celui des voitures de société.

Un premier groupe de quatre étudiants (Lare, Linne, Julie et Nele) a élaboré un concept original et a pris pas moins de 800 photos pour réaliser le film en accéléré ci-dessous.

Profitez de leur réalisation, retenez les principaux messages du film et faites-le circuler !

Sous peu, nous ajouterons ici le film réalisé par le second groupe d'étudiants.