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Sous l'impulsion de la Banque Mondiale, un nouveau Code forestier a été adopté en 2002. La même année, poussé par la Banque, le gouvernement congolais établissait un moratoire sur l'attribution de nouveaux titres forestiers.  Confirmé par un décret présidentiel en 2005, ce moratoire ne peut être levé tant qu'un examen de la légalité des titres de coupe existants n'a pas été mené à bien.

Mais même si une telle réforme est nécessaire pour nettoyer le secteur forestier, il ne faut pas en attendre des miracles. En effet, les recettes imposées par la Banque Mondiale et les autres bailleurs de fonds sont similaires à celles introduites au Cameroun il y a plus de dix ans. Cette expérience désastreuse démontre que la réforme du secteur forestier en RDC a beaucoup de chance d'échouer ou, au mieux, d'avoir un impact très limité.

La situation en RDC est encore plus problématique qu'au Cameroun : le pays est bien plus vaste et émerge à peine d'un conflit long et complexe.  En dépit des récentes élections, il est peu probable que la dynamique d'une « économie de pillage » disparaisse rapidement.  Les intérêts, le manque de bonne gouvernance, les mécanismes de corruption et la collusion entre secteur privé, autorités et bailleurs de fonds sont susceptibles d'avoir un impact bien plus important sur les performances de l'industrie forestière que les mesures et garde-fous proposés.   

De plus, les capacités institutionnelles à gérer le secteur forestier en RDC sont actuellement inexistantes.  Il faudra des années avant que les administrations en charge de la forêt soient correctement formées et équipées.  Pendant ce temps, le pillage des forêts continue...  

Il est dès lors primordial de mettre d'urgence un terme à l'expansion de l'abattage du bois et de tenter de minimiser l'impact social et environnemental négatif des opérations de coupe existantes. Dans l'intérêt commun de l'ensemble du peuple congolais et de l'environnement à l'échelle mondiale, il est temps d'agir !