Les prêts accordés par la Banque Mondiale ont été décisifs en ce qui concerne la réforme du secteur forestier en République Démocratique du Congo (RDC). Résultats escomptés par la Banque ? Promouvoir une gestion durable des forêts, augmenter les revenus de l'État et contribuer à la réduction de la pauvreté. Outre la Banque Mondiale, les principaux bailleurs de fonds de la RDC sont les États-Unis, la France, la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, l'Union européenne, le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Les bailleurs de fonds ont un poids important : en fournissant des moyens financiers, ils peuvent influencer les politiques mises en oeuvre.
A l'heure actuelle, force est de constater que l'exploitation de la forêt en RDC se fait toujours au détriment de la population et de la biodiversité. Ceci s'explique notamment par la faiblesse des institutions, la non-application de la législation existante, les problèmes sociaux et l'exclusion des communautés locales dans la gestion et le partage des ressources générées par la forêt.
Les recettes proposées pour la RDC par la Banque Mondiale et les autres bailleurs de fonds sont en grande partie inspirées de celles appliquées au Cameroun, où l'expérience a pourtant montré, depuis dix ans maintenant, que les garde-fous mis en place sont largement insuffisants pour lutter efficacement contre la corruption et la mauvaise gouvernance persistantes dans le secteur forestier. Le manque de volonté politique réelle des bailleurs de fonds n'y est pas étranger.
De manière générale, la Banque Mondiale et les autres bailleurs de fonds doivent entamer une réflexion sur la place de l'exploitation industrielle du bois dans la gestion forestière et le développement des pays du Bassin du Congo. L'expérience a clairement montré les limites de cette approche dans les forêts anciennes en zone tropicale, tant au niveau social qu'environnemental. Il est urgent d'en tirer les conclusions qui s'imposent.