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La menace climatique n'a jamais été aussi forte. Tous les scientifiques s'accordent pour affirmer qu'il est indispensable de prendre des mesures drastiques pour limiter l'augmentation des températures planétaires à 2°C. Pour cela, il est impératif de réduire les émissions de CO2. Cette réduction doit intervenir dans tous les secteurs y compris dans celui des transports.

Si l'on n'y prend pas garde, l'impact de la voiture personnelle sur le climat pourrait décrédibiliser l'ensemble de la politique de l'Union européenne en matière de lutte contre les changements climatiques. Le secteur des transports est responsable d'un quart des émissions de CO2 de l'Europe des 25. Contrairement à ce qui se passe pour la plupart des autres secteurs, les transports présentent des émissions à la hausse. Environ la moitié des émissions du secteur Transport est imputable aux voitures personnelles. Elles émettent 12% du total des émissions européennes de CO2.

L'Union européenne tente d'apporter une solution à ce problème depuis le milieu des années 1990. Mais l'industrie automobile lui donne du fil à retordre. Les Etats membres et le parlement européen ont annoncé dès 1996, leur intention de réduire les émissions moyennes de CO2 des nouvelles voitures à 120 g CO2/km. L'industrie a réussi à éviter une législation contraignante en signant un accord volontaire avec la Commission européenne. Cet accord prévoyait un objectif intermédiaire: 140 g CO2/km. L'effort envisagé correspondait à une réduction de 35%. La base pour le calcul étant les émissions moyennes pour l'année 1995 (185 g CO2/km ).

L'échec de l'accord volontaire a été reconnu par la Commission européenne début 2007. Comment l'expliquer? Pendant toutes ces années, l'industrie automobile n'a quasi rien entrepris pour rendre les voitures plus sobres et réduire de la sorte leurs émissions de CO2. A l'heure actuelle, les émissions moyennes des voitures tournent toujours autour des 160 g CO2/km. Il est sur ce point important de préciser que l'effort entrepris est en grande partie imputable à l'évolution du parc automobile vers le diesel.

Indépendamment, des progrès technologiques ont rendu les voitures plus économes. Malgré tout, les voitures ont toujours tendance à être toujours plus lourdes ou plus puissantes. Cette tendance hypothèque sérieusement les réductions de CO2, pourtant indispensables. Car plus une voiture est lourde et puissante, plus elle consomme. Un lien évident peut être établi entre la consommation d'une voiture et ses émissions de CO2.

Il est grand temps de remplacer l'accord volontaire par une législation contraignante et ambitieuse.

Les constructeurs disposent depuis plusieurs années déjà des avancées technologiques nécessaires pour rendre les voitures plus sobres et donc moins polluantes. L'annonce de la législation européenne semble se traduire par leur mise en oeuvre, il est vrai au compte goutte et sans grand enthousiasme. L'Union européenne doit donc imposer aux constructeurs automobiles un cadre strict et ambitieux qui permettra d'imposer une réduction de la consommation et une réduction drastique du CO2.

Que demande Greenpeace?
Greenpeace attend des ministres belges qu'ils mettent tout en oeuvre pour orienter l'Union européenne vers une législation solide, impliquant des objectifs contraignants pour réduire à court, moyen et long termes les émissions moyennes de CO2 des nouvelles voitures.

Nos demandes principales:
  • des objectifs de réduction ambitieux: la norme de 120 g CO2/km doit être atteinte uniquement via les efforts entrepris par les constructeurs pour rendre les voitures plus sobres. A plus long terme, la norme doit évoluer vers une moyenne de 80 g CO2/km d'ici 2020. Une perspective doit être créée pour l'après 2020.
  • stimuler la fabrication de voitures plus légères: c'est essentiel pour influencer à la baisse la consommation et les émissions de CO2 qui en découlent. Cette exigence doit figurer explicitement dans la législation.
  • imposer des sanctions pour le non-respect des normes: des sanctions réellement dissuasives doivent être appliquées (sans phasage) à partir de 2012.
  • pas de statut d'exception: en vertu d'une de ces exceptions, des petits constructeurs pourraient produire des voitures particulièrement énergivores (comme par exemple de grosses voitures de sport) échappant à la législation. Ce qui serait inacceptable.
Rouler dans des voitures sobres ne signifie pas qu'il ne faut pas réduire le nombre de kilomètres parcourus si l'on veut agir pour le climat. L'augmentation des émissions de CO2 du secteur des transports s'explique également par l'augmentation des distances parcourues en voiture.

C'est pourquoi Greenpeace demande également aux autorités belges d'investir dans une transition vers une mobilité durable. Cette transition s'effectue via un 'verdissement' de la fiscalité. C'est le principe du pollueur/payeur qui doit prévaloir. Il est par ailleurs nécessaire d'investir dans les transports publics et dans une infrastructure respectant les usagers 'doux'. Et ce, en lieux et place d'une infrastructure routière conservant à la voiture sa pool position. Le Mémorandum du mouvement environnemental adressé aux autorités fédérales et signé par Greenpeace détaille plus avant les mesures à envisager.

Qu'adviendra-t-il de cette pétition ?
Nos ministres sont appelés à jouer un rôle important dans l'élaboration de la législation européenne y compris après l'été 2008. La date de clôture pour cette pétition est le 1er juillet 2008. Greenpeace remettra les signatures rassemblées aux ministres qui devront voter la législation. Des milliers de signatures ne pourront que renforcer la portée des demandes formulées à nos décideurs politiques.

* Les ministres compétents sont:
Paul Magnette (ministre fédéral pour le climat et l'énergie )
Hilde Crevits (ministre de l'Environnement pour la Région flamande)
Benoit Lutgen (ministre de l'Environnement pour la Région wallone)
Evelyne Huytebroeck (ministre de l'Environnement pour la Région Bruxelles Capitale)