La Nouvelle Guinée est une île, située au Nord de l’Australie: la seconde au monde en termes de taille. Elle comporte la troisième plus grande forêt tropicale humide de la planète et abrite des milliers d’animaux et de plantes. Au début 2006, une équipe de chercheurs a démontré que l’île comptait encore bien d’autres trésors cachés, puisqu’elle y a découvert de nombreuses espèces nouvelles. L’île est également très diversifiée au niveau culture. En effet, plus de 1.000 populations différentes de Papous y vivent, chacune avec sa propre langue, ses propres coutumes et sa propre cosmologie.
Mais ces riches
forêts sont menacées de disparition. Les sociétés
forestières, surtout malaises, qui opèrent en Papouasie
Nouvelle Guinée – la partie orientale de l’île –
sont plus actives que jamais. Un rapport de Forest Trends, daté
de 2006, analysant des revues indépendantes du secteur
forestier en Papouasie Nouvelle Guinée, conclut, entre autres
qu’il « est impossible de savoir pour la majorité
des opérations forestières (en Papouasie Nouvelle
Guinée) si celles-ci opèrent en conformité avec
la législation nationale et si elles sont donc légales ».
Une grande partie du bois récolté en Papouasie Nouvelle
Guinée est embarqué en direction de la Chine, où
il est transformé en multiplex, notamment. La Chine est
aujourd’hui le principal producteur et exportateur de multiplex du
monde.
En 2005 et 2006,
Greenpeace a mené dans divers pays d’Europe des actions
contre le commerce de multiplex chinois, dans lequel on trouve du
Bintangor et du Red Canarium. Ce multiplex est produit par des
entreprises chinoises qui s’approvisionnent en Papouasie Nouvelle
Guinée, et il est commercialisé sur le marché
européen également. Certaines entreprises, dont des
belges, ont pris des mesures pour faire retirer ce produit du
commerce. La Fédération britannique du commerce du bois
a informé ses membres, en juin 2006, que les produits de bois
de Papouasie Nouvelle Guinée (et des Iles Salomon)
impliquaient un risque, mais cela n’empêche pas certaines
entreprises belges de continuer à vendre ce bois. Pourtant,
l’information relative à cette problématique est
largement répandue et absolument disponible.
Depuis 2005,
certains grands importateurs belges se sont inscrits au plan Timber
Trade Action. Ce projet des fédérations du bois de
Belgique, des Pays-Bas et du Royaume-Uni a pour objectif de
légaliser, pour 2010, les flux de bois d’Indonésie,
de Malaisie, du Cameroun et du Gabon. Si les entreprises prennent ce
projet au sérieux, elles devraient pour le moins réagir
également face au multiplex douteux provenant de Chine.
L’industrie
du bois évoque de plus en plus souvent le rôle de la
Chine dans le commerce du bois récolté illégalement.
Mais la question ultime à se poser est la suivante: pourquoi
les entreprises européennes continuent-elles d’acheter les
produits litigieux aux entreprises chinoises ?
Le 23 avril,
Greenpeace Pays-Bas a organisé une action contre une filiale
de l’entreprise néerlandaise Oldenboom, qui vend à
nouveau depuis peu du multiplex chinois à base de Bintangor et
de Red Canarium. Ce multiplex arrive sur le marché néerlandais
via l’importateur belge Altripan (d’Anvers). Oldenboom a
finalement pris la décision de renvoyer une partie du
multiplex douteux à l'entreprise belge Altripan.
Altripan prétend
opérer dans le respect de l’environnement sur son site web:
« Our business cannot survive if we don't take care
properly of the environment and the native people depending on it ».
(Notre business ne pourrait pas survivre si nous ne prenions pas le
plus grand soin de l’environnement et des populations locales qui
en dépendent). L’entreprise fait également de la
publicité pour ses produits labellisés FSC (le label
garantissant que les produits sont issus d’une gestion raisonnée
de la forêt). Mais Altripan jette de la poudre aux yeux du
consommateur: derrière cette belle façade, la société
poursuit le commerce de ce multiplex douteux, avec toutes les
conséquences inévitables pour l’environnement et les
populations locales de Papouasie Nouvelle Guinée.
Il
est grand temps que le secteur des importateurs de bois et celui des
magasins de bricolage adoptent une position claire vis-à-vis
de l’importation de ce multiplex chinois à base de Bintangor
et de Red Canarium. Ces secteurs doivent réagir. Greenpeace
souhaite qu’il soit mis un terme à la vente de ce multiplex
douteux !
Ce dossier traite du commerce du bois aux Pays-Bas: malgré les promesses, le pays continue à commercialiser du bois illégal, contribuant ainsi à la destruction des forêts anciennes de Papouasie Nouvelle Guinée (en anglais).