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Pourquoi analyser les poussières domestiques?
Les poussières domestiques sont considérées comme des réservoirs de
substances chimiques des habitations et, par conséquent, comme sources
potentielles d'exposition chimique.
Nous pouvons être exposés aux poussières, et aux substances chimiques
qu'elles contiennent, suite à la combinaison d'inhalation, d'ingestion
(aliments contaminés, mastication de jouets ou d'autres supports) et
même d'absorption directe par la peau. Les poussières constituent aussi
une source particulièrement importante d'exposition chimique pour les
enfants.
Enfin, la remise en suspension de poussières contaminées dans
l'atmosphère peut contribuer à la distribution étendue dans
l'environnement de substances chimiques liées aux poussières.
L'élimination des poussières domestiques collectées dans l'aspirateur
constitue aussi une source de contamination environnementale à plus
grande échelle.
Analyse des poussières domestiques en Belgique
· Méthode d'échantillonnage
En octobre 2003, Greenpeace a récolté des échantillons de poussières
domestiques en passant l'aspirateur dans 69 foyers ou bureaux, répartis
comme suit:
- 51 foyers choisis dans 8 villes belges
Cliquer ici pour visualiser la carte de répartition des lieux visités
- les bureaux ou habitations de 11 politiciens belges
- au sein du Parlement européen (Bruxelles) : dans les bureaux de 6 parlementaires européens et dans la salle de presse.
Cliquer ici pour visualiser les politiciens belges et européens qui ont participé à l'analyse.
· Substances analysées
Les échantillons de poussières ont été analysés dans un laboratoire
accrédité et indépendant (TNO Apeldoorn/Pays-Bas). Les substances
chimiques quantifiées dans ces poussières ont la particularité d'être à
la fois bioaccumulables (accumulation dans les tissus vivants et dans
la chaîne alimentaire), peu biodégradables (persistantes) et
potentiellement toxiques. De plus, on les retrouve dans une large gamme
de biens de consommation usuels. Les substances analysées appartiennent
aux 5 familles suivantes :
- les esters de phtalates : toxiques pour la reproduction.
- les composés-organoétains : toxiques pour le système immunitaire.
- les retardateurs de flamme bromés : interfèrent avec le système hormonal en provoquant des troubles du développement.
- les alkylphénols : provoquent des perturbations du système hormonal et sont toxiques pour la reproduction.
- les paraffines chlorées à chaînes courtes : cancérigènes.
Un résumé de la dangerosité de ces substances et des biens de consommation dans lesquels on peut les trouver est disponible en cliquant ici.
· Résultats
Les résultats de l'étude indiquent une contamination généralisée des poussières domestiques par des substances particulièrement préoccupantes. Ainsi :
- des esters de phtalates, des alkylphénols et des composés organoétains ont été mesurés dans tous les échantillons analysés
- des retardateurs de flamme au brome ont également été mesurés dans plus de 85% des échantillons.
Les niveaux de contamination ne semblent pas fortement différents d'une région à l'autre.
Ainsi, les poussières des foyers ardennais n'étaient pas moins
contaminées que celles des foyers anversois (région à haute
concentration industrielle). Ces données suggèrent ainsi que la source
de la contamination se situe probablement à l'intérieur des
habitations, le contenu en substances chimiques dépendant
vraisemblablement des matériaux et du type de biens de consommation
présents dans les pièces aspirées.
De manière générale, chaque gramme de poussière collectée en Belgique contient en moyenne à peu près 1 milligramme (1 part pour 1000)
des 5 familles de substances étudiées, la valeur maximale étant de 2.9
mg/g pour le Parlement européen. Il est très probable que la
concentration totale en substances chimiques soit bien plus
considérable encore, compte tenu du nombre limité de substances
analysées dans cette étude.
Parmi les résultats particuliers, les concentrations mesurées sont
particulièrement préoccupantes dans les poussières du Parlement
européen, aux cabinets du ministre fédéral de l'Environnement (occupé à
l'époque par Freya Van den Bossche), du ministre wallon de l'Economie
(occupé à l'époque par Serge Kubla) et du ministre bruxellois de
l'Environnement (occupé à l'époque par Didier Gosuin).
Cliquer ici pour visualiser l'ensemble des résultats de cette étude.
En conclusion, cette étude souligne l'omniprésence de substances chimiques dangereuses dans notre environnement domestique. Toute concentration est préoccupante car ces substances se dégradent lentement et elles ont la propriété de s'accumuler dans la chaîne alimentaire. Au vu de leur dangerosité, de graves problèmes de santé publique sont à craindre tant qu'une législation cohérente ne verra pas le jour pour réguler la production et l'utilisation de ces substances dangereuses.
Cliquer ici pour consulter le rapport complet « Hazardous chemicals in Belgian House Dust »
Cliquer ici pour consulter le résumé en français du rapport « Hazardous chemicals in Belgian House Dust »
Analyse des poussières domestiques au Royaume-Uni
Les poussières domestiques de 100 foyers, issus de 10 régions
différentes, ont été collectées par Greenpeace et analysées dans un
laboratoire indépendant. Cette étude indique la présence répandue
d'esters de phtalates, de retardateurs de flamme bromés et de composés
organoétains dans les poussières domestiques britanniques. La présence
commune du nonylphénol et de paraffines chlorées à chaîne courte a
également été mise en évidence, ainsi qu'un vaste éventail d'autres
substances synthétiques comprenant des pesticides et d'autres additifs
chimiques communs.
Cliquer ici pour consulter le rapport complet « Consuming Chemicals ».
Analyse des poussières domestiques en France, Italie, Espagne, Allemagne et Slovaquie
58 échantillons de poussières domestiques ont été prélevés en France,
22 en Espagne, 5 en Allemagne, 5 en Italie et 8 en Slovaquie. Tous les
échantillons analysés contenaient des phtalates, des retardateurs de
flamme bromés, des composés organoétains et des paraffines chlorées à
chaîne courte.
Ces résultats confirment globalement ceux du Royaume-Uni et de Belgique.
Cliquer ici pour consulter le rapport complet « Consommation Toxique ».
Cliquer ici pour visualiser la comparaison des différents résultats globaux européens avec ceux de Belgique.
Analyse des poussières domestiques dans les parlements nationaux de 8 pays européens
En 2000, Greenpeace a collecté des échantillons de poussières dans les
bâtiments parlementaires de plusieurs pays européens. Tous les
échantillons contenaient des niveaux substantiels de retardateurs de
flamme bromés et de composés organoétains.
Cliquer ici pour consulter le rapport complet « The presence of brominated flame retardants and organotin compounds in dusts collected from Parliament buildings from eight countries».