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Les substances toxiques sont partout, même dans nos intérieurs.

Les substances toxiques sont partout, même dans nos intérieurs.

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Bien que la présence répandue de substances chimiques dangereuses dans l'environnement soit de mieux en mieux documentée, il n'existe actuellement qu'un nombre limité d'études scientifiques sur la contamination de l'intérieur des habitations. Les études déjà réalisées indiquent néanmoins une contamination de grande ampleur des habitations par des substances chimiques Persistantes, Bioaccumulables et Toxiques (PBT). Leurs concentrations dans les habitations sont même souvent supérieures à celles mesurées à l'extérieur de celles-ci. Des analyses de la poussière domestique réalisées par Greenpeace dans différents pays européens apportent la preuve irréfutable de l'étendue de cette contamination.

Au début des années 2000, différentes études scientifiques internationales avaient déjà identifié des phtalates, des retardateurs de flamme et des alkylphénols dans l'air intérieur ainsi que dans les poussières de plusieurs habitations. Leurs concentrations sont même souvent plus importantes qu'à l'extérieur des habitations. Ceci est sans doute lié à une plus faible ventilation de ces lieux mais surtout à une source de contamination se trouvant au sein même de ces bâtiments: biens de consommations quotidiens, matériaux de constructions…

Pourquoi analyser les poussières domestiques?
Les poussières domestiques sont considérées comme des réservoirs de substances chimiques des habitations et, par conséquent, comme sources potentielles d'exposition chimique.
Nous pouvons être exposés aux poussières, et aux substances chimiques qu'elles contiennent, suite à la combinaison d'inhalation, d'ingestion (aliments contaminés, mastication de jouets ou d'autres supports) et même d'absorption directe par la peau. Les poussières constituent aussi une source particulièrement importante d'exposition chimique pour les enfants.
Enfin, la remise en suspension de poussières contaminées dans l'atmosphère peut contribuer à la distribution étendue dans l'environnement de substances chimiques liées aux poussières. L'élimination des poussières domestiques collectées dans l'aspirateur constitue aussi une source de contamination environnementale à plus grande échelle.

Analyse des poussières domestiques en Belgique

· Méthode d'échantillonnage
En octobre 2003, Greenpeace a récolté des échantillons de poussières domestiques en passant l'aspirateur dans 69 foyers ou bureaux, répartis comme suit:
- 51 foyers choisis dans 8 villes belges
Cliquer ici pour visualiser la carte de répartition des lieux visités
- les bureaux ou habitations de 11 politiciens belges
- au sein du Parlement européen (Bruxelles) : dans les bureaux de 6 parlementaires européens et dans la salle de presse.
Cliquer ici pour visualiser les politiciens belges et européens qui ont participé à l'analyse.

· Substances analysées
Les échantillons de poussières ont été analysés dans un laboratoire accrédité et indépendant (TNO Apeldoorn/Pays-Bas). Les substances chimiques quantifiées dans ces poussières ont la particularité d'être à la fois bioaccumulables (accumulation dans les tissus vivants et dans la chaîne alimentaire), peu biodégradables (persistantes) et potentiellement toxiques. De plus, on les retrouve dans une large gamme de biens de consommation usuels. Les substances analysées appartiennent aux 5 familles suivantes :
- les esters de phtalates : toxiques pour la reproduction.
- les composés-organoétains : toxiques pour le système immunitaire.
- les retardateurs de flamme bromés : interfèrent avec le système hormonal en provoquant des troubles du développement.
- les alkylphénols : provoquent des perturbations du système hormonal et sont toxiques pour la reproduction.
- les paraffines chlorées à chaînes courtes : cancérigènes.

Un résumé de la dangerosité de ces substances et des biens de consommation dans lesquels on peut les trouver est disponible en cliquant ici.

· Résultats
Les résultats de l'étude indiquent une contamination généralisée des poussières domestiques par des substances particulièrement préoccupantes. Ainsi :
- des esters de phtalates, des alkylphénols et des composés organoétains ont été mesurés dans tous les échantillons analysés
- des retardateurs de flamme au brome ont également été mesurés dans plus de 85% des échantillons.

Les niveaux de contamination ne semblent pas fortement différents d'une région à l'autre. Ainsi, les poussières des foyers ardennais n'étaient pas moins contaminées que celles des foyers anversois (région à haute concentration industrielle). Ces données suggèrent ainsi que la source de la contamination se situe probablement à l'intérieur des habitations, le contenu en substances chimiques dépendant vraisemblablement des matériaux et du type de biens de consommation présents dans les pièces aspirées.
De manière générale, chaque gramme de poussière collectée en Belgique contient en moyenne à peu près 1 milligramme (1 part pour 1000) des 5 familles de substances étudiées, la valeur maximale étant de 2.9 mg/g pour le Parlement européen. Il est très probable que la concentration totale en substances chimiques soit bien plus considérable encore, compte tenu du nombre limité de substances analysées dans cette étude.
Parmi les résultats particuliers, les concentrations mesurées sont particulièrement préoccupantes dans les poussières du Parlement européen, aux cabinets du ministre fédéral de l'Environnement (occupé à l'époque par Freya Van den Bossche), du ministre wallon de l'Economie (occupé à l'époque par Serge Kubla) et du ministre bruxellois de l'Environnement (occupé à l'époque par Didier Gosuin).

Cliquer ici pour visualiser l'ensemble des résultats de cette étude.

En conclusion, cette étude souligne l'omniprésence de substances chimiques dangereuses dans notre environnement domestique. Toute concentration est préoccupante car ces substances se dégradent lentement et elles ont la propriété de s'accumuler dans la chaîne alimentaire. Au vu de leur dangerosité, de graves problèmes de santé publique sont à craindre tant qu'une législation cohérente ne verra pas le jour pour réguler la production et l'utilisation de ces substances dangereuses.

Cliquer ici pour consulter le rapport complet « Hazardous chemicals in Belgian House Dust »

Cliquer ici pour consulter le résumé en français du rapport « Hazardous chemicals in Belgian House Dust »

Analyse des poussières domestiques au Royaume-Uni
Les poussières domestiques de 100 foyers, issus de 10 régions différentes, ont été collectées par Greenpeace et analysées dans un laboratoire indépendant. Cette étude indique la présence répandue d'esters de phtalates, de retardateurs de flamme bromés et de composés organoétains dans les poussières domestiques britanniques. La présence commune du nonylphénol et de paraffines chlorées à chaîne courte a également été mise en évidence, ainsi qu'un vaste éventail d'autres substances synthétiques comprenant des pesticides et d'autres additifs chimiques communs.

Cliquer ici pour consulter le rapport complet « Consuming Chemicals ».

Analyse des poussières domestiques en France, Italie, Espagne, Allemagne et Slovaquie
58 échantillons de poussières domestiques ont été prélevés en France, 22 en Espagne, 5 en Allemagne, 5 en Italie et 8 en Slovaquie. Tous les échantillons analysés contenaient des phtalates, des retardateurs de flamme bromés, des composés organoétains et des paraffines chlorées à chaîne courte.
Ces résultats confirment globalement ceux du Royaume-Uni et de Belgique.

Cliquer ici pour consulter le rapport complet « Consommation Toxique ».

Cliquer ici pour visualiser la comparaison des différents résultats globaux européens avec ceux de Belgique.

Analyse des poussières domestiques dans les parlements nationaux de 8 pays européens
En 2000, Greenpeace a collecté des échantillons de poussières dans les bâtiments parlementaires de plusieurs pays européens. Tous les échantillons contenaient des niveaux substantiels de retardateurs de flamme bromés et de composés organoétains.

Cliquer ici pour consulter le rapport complet « The presence of brominated flame retardants and organotin compounds in dusts collected from Parliament buildings from eight countries».