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En septembre 2004, Greenpeace a collecté un échantillon de sang auprèes de trois ministres belges de l'Environnement. Ces échantillons ont été analysés par un laboratoire indépendant. Quatre groupes de substances chimiques ont été recherchés, à savoir les phtalates, les retardateurs de flamme bromés, les alkylphénols et les composés organoétains. Un choix guidé par l'importance de l'impact négatif de ces substances sur la santé et leur présence dans nos poussières domestiques et nos biens de consommation.
Les résultats sont préoccupants: de 7 à 14 substances chimiques
dangereuses ont été détectées par échantillon. Etant donné leurs
propriétés, elles constituent une menace sérieuse pour la santé humaine.
En effet, ces molécules sont bioaccumulables, peu dégradables et
potentiellement toxiques: elles peuvent perturber le système hormonal
et immunitaire, être toxiques pour la reproduction, affecter le
développement de l'embryon et des testicules, accroître les risques
d'asthmes chez les enfants...
Cette étude fait partie d'une analyse plus large réalisée par Greenpeace sur 91 volontaires aux Pays-Bas.
Cliquez ici pour visualiser le rapport sur les analyses sanguines de 3 ministres belges de l'Environnement.
Cliquez ici pour visualiser le rapport sur les analyses de 91 volontaires aux Pays-Bas.
En décembre 2003, le WWF analysa le sang de 47 volontaires, la plupart étant des députés européens. 101 substances chimiques y ont été analysées: des pesticides organochlorés, des retardateurs de flamme au brome, des phtalates et des substances perfluorées. 42 de ces substances ont le plus souvent été trouvées dans le sang des personnes testées.
Cliquez ici pour consulter le rapport complet « Chemical Check Up : An analysis of chemicals in the blood of Members of the European Parliament ».
Analyses de sang maternel et sang de cordons ombilicaux
Greenpeace
et le WWF ont organisé l'analyse de 42 échantillons de sang maternel et
de 27 échantillons de sang de cordons ombilicaux.
Une vingtaine de
substances dangereuses appartenant à 8 groupes chimiques différents y
ont été identifiées. Bon nombre de ces substances avaient déjà été
mises en évidence au cours d’analyses de poussières domestiques et du
sang de personnalités politiques. Les substances toxiques découvertes
dans les cordons ombilicaux interviennent dans la fabrication de
produits de consommation courante. Certaines peuvent agir au détriment
du bon fonctionnement
des systèmes hormonaux et immunitaires. Le
développement de certains organes peut également pâtir de leur présence
intempestive.
Cliquez ici pour visualiser le rapport complet
Sources de contamination
Hormis les travailleurs des unités de production de substances
chimiques, nous sommes tous exposés à ces substances dangereuses via 3
voies distinctes:
· l'alimentation
Les substances PBT
s'accumulent dans les tissus graisseux des organismes, tout au long de
la chaîne alimentaire. Les être humains occupent le sommet de cette
chaîne et sont donc directement soumis par leur alimentation à une
forte concentration en substances chimiques dangereuses.
· l'air
De nombreuses analyses de l'air, des poussières domestiques et de l'eau
de pluie indiquent que l'homme est directement exposé aux substances
chimiques dangereuses par voie d'inhalation. La source de cette
contamination se situe probablement en partie au niveau des biens de
consommation de tous les jours. En effet, les mêmes substances ont été
identifiées dans différents biens de consommation, dans les poussières
domestiques et dans le corps humain. Parfois, un rapport de cause à
effet a même été établi. Ainsi, une étude scientifique a démontré
qu'une population d'individus travaillant régulièrement sur ordinateurs
peut accumuler jusque 5 fois plus de retardateurs de flamme au brome
par rapport à une population peu en contact avec les ordinateurs.
· l'eau
La présence de certaines substances PBT comme des phtalates ou des alkylphénols a été révélée dans les eaux de distribution.
Accumulation au cours du temps
Les propriétés intrinsèques des PBT les conduisent à s'accumuler en
concentrations croissantes dans notre corps. A titre d'exemple, le
niveau en retardateurs de flamme bromés a augmenté d'un facteur 9 dans
le sang de femmes et d'hommes norvégiens entre 1977 et 1999. De même,
une croissance exponentielle de la concentration en retardateurs de
flamme bromés a été mesurée dans le lait maternel de femmes suédoises
entre 1972 et 1997.

Courbe de croissance des PBDE dans le lait maternel de femmes suédoises entre 1972 et 1997
Menaces pour notre santé
Cancers des testicules, des ovaires ou du sein, pertes de fertilité et
déclin du nombre de spermatozoïdes, malformations congénitales,
anomalies de la croissance et du développement, effets œstrogènes tels
que des pubertés précoces, modifications du ratio sexuel à la naissance
(proportion filles/garçons), dommages au système immunitaire, désordres
du système cérébral et du système nerveux, risques accrus d'allergies
et d'asthmes sont autant d'effets négatifs associés aux substances
chimiques PBT qui s'accumulent en concentration croissante dans notre
corps et notre environnement.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes: le
nombre d'enfants allergiques a augmenté de 15% en 20 ans; en moyenne,
le sperme d'un homme occidental contient environ moitié moins de
spermatozoïdes que celui de son père ou son grand-père au même âge;
entre 2 et 5 % des naissances de garçons occidentaux s'accompagnent de
défauts testiculaires; le cancer a progressé en France de 63% en 20 ans
(les chiffres ne sont pas disponibles pour la Belgique), 7 à 20%
seraient dus à la pollution de l'environnement.
L'ensemble des
effets négatifs des substances chimiques sur la santé humaine est
résumé dans le rapport "Human Impacts of Man-made Chemicals"
Cliquer ici pour consulter le rapport "Human Impacts of Man-made Chemicals"
Les
enfants sont particulièrement sensibles à la contamination chimique. Le
fœtus peut déjà subir une exposition dans l'utérus. Le nourrisson est
lui contaminé par l'allaitement maternel.
Le métabolisme
particulier de l'enfant pendant toute la période de son développement
le rend beaucoup plus vulnérable que l'adulte face aux faibles doses de
substances toxiques. Un rapport différent volume d'air respiré / masse
du corps et un espace de mobilité plus près du sol sont aussi autant de
facteurs qui rendent l'enfant plus sensible à la contamination chimique
de son environnement.
Pour plus d'informations: cliquer ici afin de consulter le rapport "Chemical Legacy: Contamination of the Child".
Vous
souhaitez découvrir quelle partie de votre corps est contaminée,
quelles substances chimiques peuvent s'y retrouver et les dangers qui y
sont associés? Cliquer ici pour visiter le site "Le corps empoisonné".
L'impact des substances chimiques dangereuses sur la reproduction
En mai 2006, Greenpeace a publié un rapport, qui fait l'inventaire de nombreuses études scientifiques parues ces dernières années et qui brosse un portrait inquiétant des problèmes de plus en plus nombreux liés à la reproduction et pouvant être la conséquence de la présence, dans notre corps, d'un nombre toujours croissant de substances chimiques créées par l'homme. En effet, diminution de la qualité du sperme, croissance des cas de stérilité, anomalies génitales chez les nouveau-nés,... sont là autant de conséquences potentielles d'une exposition à des substances chimiques dangereuses créées par l'homme et utilisées dans nos parfums, tapis, produits électroniques, vêtements et autres biens de consommation!
Cliquez ici pour visualiser le rapport « Fragile: Our Reproductive Health and Chemical Exposure »
Appel de Paris
Ces problèmes de santé publique dont notamment l'augmentation du nombre de cas de cancers dans toutes les classes d'âge a conduit des scientifiques et cancérologues de renom à se réunir le 7 mai 2004 à l'UNESCO dans un colloque intitulé "Cancer, environnement et société". Ils ont appelé à reconnaître la place de la pollution chimique comme facteur de développement du cancer et d'autres maladies environnementales. Cela signifie que les stratégies de lutte contre le cancer doivent intégrer la protection de l'environnement contre les substances chimiques persistantes. Les scientifiques présents au colloque ont même estimé que la survie de l'espèce humaine était sérieusement menacée. Ils ont donc lancé un appel historique, à portée internationale, pour mettre un terme à la pollution chimique de l'environnement: l'Appel de Paris contre les dangers sanitaires de la pollution chimique.
Cliquer ici pour lire le contenu de l'Appel de Paris.
Agissez maintenant et signez vous aussi l'Appel de Paris en allant sur le site: http://www.artac.info/