Les changements climatiques, enjeu pour PS: info ou intox?
Une réduction des émissions de gaz à effet de
serre de 80% pour 2050 Il
est effectivement important pour le PS d’inscrire la réalisation
d’un plan d’action climatique national dans les accords de
Gouvernement. Celui-ci devra être réalisé en
étroite collaboration avec les autres niveaux de pouvoirs tels
que les régions mais aussi les pouvoirs locaux par exemple.
Ce
plan devra également contenir des mesures indicatives à
long terme de réduction des émissions de CO² plus
ambitieuses que les objectifs issus du protocole de Kyoto. Les
objectifs de 30% en 2020 et 80% en 2050 constituent une bonne base de
discussion.
Un ministre compétent pour le climat Pour
le PS, ce qui importe surtout c’est qu’une coordination existe au
niveau fédéral pour que la question climatique puisse
être abordée de manière transversale et que le
souci de réduire les émissions de la Belgique percole
dans l’ensemble des décisions politiques (en matière
de mobilité, fiscalité, fonction publique, bâtiments
publics, coopération au développement,….). A
ce titre, le PS plaide pour que le Secrétaire d’Etat au
Développement durable soit rattaché au Premier
Ministre, pour assurer cette transversalité et qu’il/elle
soit spécifiquement et prioritairement en charge du changement
climatique. En
ce qui concerne la Commission nationale Climat, le PS entend
renforcer son rôle de plate-forme de coordination et d’échanges
d’expériences entre les différentes entités.
Pour le PS, cette Commission constitue un lieu privilégié
où des positions communes
sur des questions de la lutte contre le changement climatique peuvent
être préparées.
Une fiscalisation des émissions de gaz à effet de serre Le
PS estime que le levier fiscal est un outil essentiel pour permettre
de modifier nos modes de production et de consommation et pour les
orienter vers des actions plus favorables à la préservation
de l’environnement.
Pour
le PS, cette réforme doit respecter 3 conditions:
Elle
doit être progressive: étaler dans le temps, pour
permettre à la population d’intégrer de nouveaux
modes de comportement;
Elle
doit être globale: cette réforme doit s’appliquer
à l’ensemble des mesures fiscales d’un secteur
pour éviter les mesures coup par coup;
Et
enfin, et c’est essentiel pour le PS, les efforts à fournir
doivent être fonction des moyens de chacun. Le PS refuse les
réformes fiscales qui frapperaient le pouvoir d’achat de
ceux qui ont déjà des difficultés à
nouer les deux bouts. Le principe doit être qu’il doit
exister pour chacun une réelle alternative au comportement
qu’on entend modifier par la fiscalité. A titre d’exemple,
relevons la mesure prise par le Ministre Daerden lors du Conseil des
Ministres de la Région Wallonne dédié à
la lutte contre le réchauffement climatique du 15 mars:
développer un système d’incitant « écofiscal »
qui serait attribué lors du renouvellement d’un véhicule.
Cet incitant serait fonction de la diminution des émissions
de CO2 constatée entre l’ancien et le nouveau véhicule.
A contrario, un malus serait imposé pour le choix d’un
véhicule plus polluant. C’est
vers ce genre de mesure que le PS entend œuvrer au niveau fédéral.
Un plan d’action pour l’efficacité énergétique Le
PS entend développer, à l’instar de ce qui s’est
fait en Allemagne, une Alliance pour l’Emploi et l’Environnement. Cette
alliance rassemblera autorités publiques et secteur de la
construction.
Son
objectif sera de doper
réellement les investissements économiseurs d’énergie
et les investissements dans les énergies renouvelables.
Pour
y arriver, nous voulons utiliser 1 milliard du Fonds pour le
démantèlement des centrales nucléaires pour
aider les particuliers à faire des travaux économiseurs
d’énergie dans leur maison, via différentes formules
de prêts avantageux (taux réduits, tiers-investisseurs,
…). Par ailleurs, nous voulons imposer une taxe sur les producteurs
d’électricité dont les centrales nucléaires
sont amorties et qui n’ont pas répercuté cet
amortissement dans une baisse des tarifs d’électricité.
Les 400 millions que cette taxe devrait rapporter pourraient
également servir à booster les économies
d’énergies et les énergies alternatives.
Un plan d’action pour promouvoir l’énergie renouvelable
Au-delà des indispensables mesures de réduction de la
consommation, le PS entend tout mettre en œuvre pour développer
le potentiel des énergies renouvelables. Comment?
En
instaurant un prélèvement compensatoire sur les
centrales électriques, déjà amorties. Le PS
veut instaurer un prélèvement compensatoire sur les
centrales déjà amorties qui ne pourra avoir pour
conséquence une augmentation des prix. L’argent ainsi
dégagé (+/- 400 mios €/an) permettra de
financer des politiques publiques fortes favorisant tant la
production d’énergie alternative durable que les économies
d’énergie dans les habitations.
Un
des moyens les plus efficaces est d’augmenter le nombre de
certificats verts que les fournisseurs d’énergie
doivent détenir. Il
est nécessaire que le nombre de certificats verts à
détenir par les fournisseurs soit augmenté de telle
manière à soutenir d’avantage les promoteurs
d’énergie durable.
De
développer et de promouvoir la (micro-)cogénération.
La micro-cogénération est un système de
chauffage central qui permet à la fois la production d’eau
chaude (sanitaire et chauffage) et la production d’électricité
(permettant même l’introduction d’électricité
individuelle sur le réseau national). Cette technique en est
encore à ses balbutiements, mais la Belgique ne peut pas
rater le train de cette nouvelle technologie. Elle se doit d’être
prête de pouvoir répondre à la demande qui
risque de se multiplier par 5 dans les 4 ans à venir. A ce
titre le PS demande deux choses: 1) le Gouvernement fédéral
doit assurer la concertation entre le secteur du gaz et de
l’électricité, les installateurs et les organismes
financiers pour promouvoir l’essor de cette technologie
(introduction sur le marché de l’électricité
produite, effet sur le réseau, développement de
compteur intelligent). 2) de permettre que ce type de chaudière
soit déductible fiscalement.
Dans
le cadre de ce renforcement des énergies renouvelables, il
faudra aussi développer des mesures de soutien à la
Recherche, à l’Innovation et à la
diffusion/commercialisation.
La fermeture des centrales nucléaire Le
PS réaffirme sa volonté de sortir du nucléaire
qui ne constitue en aucun cas, une énergie durable. Il n’est
pas question pour le PS de remettre la loi relative à la
sortie du nucléaire en cause. Ce qui importe maintenant c’est
de programmer les mesures et investissements nécessaires à
la concrétisation de la loi. Nous
l’avons dit des mesures importantes doivent être prises en ce
qui concerne les économies d’énergie et les énergies
renouvelables. La sortie du nucléaire doit également
figurer en toile de fond du plan d’équipement de la Belgique
en matière d’énergie.
L’interdiction des voitures qui consomment beaucoup de carburant Il
est effectivement impératif que nos sociétés
s’engagent dans une réforme profonde de l’économie
afin de la rendre « soutenable ». La fixation
des normes les plus exigeantes, par exemple en ce qui concerne la
consommation de carburant, constitue pour le PS une opportunité
pour l’industrie européenne de développer des
produits « d’avenir ». La protection de notre
environnement constitue une opportunité en termes d’innovation
et d’emploi qu’il est important de ne pas négliger.
En
outre, en ce qui concerne le parc automobile, le PS propose dans son
projet de programme de:
Revoir
la déductibilité fiscale actuelle des entreprises en
matière d’achat de carburant: Actuellement les
entreprises sont autorisées à déduire
fiscalement 75% de la valeur des coûts d’achat ou de leasing
de voitures de société. Par contre, les entreprises
sont autorisées à déduire 100% du coût
d’achat des carburants. Le PS plaide pour que cette déductibilité
des frais de carburant soit ramenée à 75 %.
Mettre
en place une réforme du système fiscal des voitures de
sociétés qui tiendrait compte de critères
environnementaux: pénaliser fortement les voitures qui
polluent beaucoup (au-delà de X g de CO2/km).
Exiger
des administrations fédérales de recourir à
l’achat de véhicules émettant moins de X g de
CO2/km. Cette norme serait progressivement revue à la
baisse.
Tripler
les taxes sur les 4x4 à usage non professionnel (source
de pollution et d’insécurité).
La protection des forêts du monde compte tenu de leur rôle
dans le maintien du climat En
mars dernier, lors de la Conférence internationale sur la
gestion durable des forêts en République Démocratique
du Congo le Gouvernement fédéral s’est engagé
sur une série de mesures concrètes:
Maintenir
et à augmenter les moyens budgétaires pour des actions
de sensibilisation et de communication auprès de l'opinion
publique belge et européenne quant à l'importance
d'une gestion durable de la forêt en RDC pour le développement
durable et pour le bien être économique et social de sa
population;
Inscrire
cette question à l'ordre du jour du Conseil de l'Union
européenne;
Créer
une "task force" au sein de la DGCD, chargée
d'étudier le meilleur moyen d'intégrer la Belgique
dans les deux Fonds fiduciaires que la Banque Mondiale pourrait
créer, l'un consacré au financement des Concessions de
conservation, l'autre au financement des initiatives de protection
de la nature. Ce travail de réflexion se fera en relation
étroite avec l'Institut Congolais de Conservation de la
Nature (ICCN), le WWF, l'UNESCO, la Commission européenne et
la Banque Mondiale;
La
libération d'une une première contribution annuelle de
1 million d'euros pour financer ces fonds et un appui financier de
500.000 euros au Fonds Fiduciaire forêts, géré
par la Banque mondiale.
Le
PS entend tout d’abord respecter ces engagements et mettre tous les
moyens en œuvre pour les réaliser.
De
plus, le PS entend:
Poursuivre
la politique d’achat de bois certifié selon des critères
de durabilité dans les administrations publiques et réviser
la Circulaire de 2005 en ce sens.
Inclure
la nécessité de mener une politique d’achat durable
(dont l’achat de bois certifié) dans les contrats de
gestion des entreprises publiques autonomes.
Poursuivre
et renforcer la lutte contre les coupes illégales notamment
par le biais d’exigences en matière de traçabilité
du bois. Dans ce cadre, plaider pour la mise sur pied d’un système
de traçabilité à l’échelon
international.