Les changements climatiques, enjeu pour PTB+: info ou intox?
Une réduction des émissions de gaz à effet de serre de
80% pour 2050
Le PTB+ est d’accord
avec ces recommandations. La Belgique figure parmi les pays qui émet
le plus de CO2
par habitant. Et en même temps, en Belgique, très peu a
été fait en matière d’économies
d’énergie et de sources d’énergie alternatives. Il
est donc logique que nous ayons encore un grand effort à
fournir.
La discussion si ça
doit être 60, 70 ou 80%, est pour le PTB+ maintenant de moindre
importance. Sur base du principe de précaution nous sommes en
tous cas partisan d’objectifs ambitieux. Ce qui compte le plus pour
nous, est le passage suivant du mémorandum de Greenpeace:
« Que
le gouvernement commence dès le début de ses travaux à
élaborer un plan climatique national intégrant un
ensemble cohérent de lois et de mesures à l'échelon
fédéral et régional, ainsi qu’un calendrier
allant jusqu’en 2050, et le budget nécessaire pour réaliser
ces mesures. »
Nous y souscrivons entièrement car ça va à
l’encontre des éternels palabres, tergiversations,
négociations et lobbying dans lesquels la politique belge a
toujours été championne. Comme si nous avions tout le
temps. Eh bien, ce n’est pas le cas!
En outre, pour le
PTB+, il est clair que ce sont l’industrie, les producteurs
d’électricité et le secteur du transport (dont le
transport de marchandises) qui devront fournir les plus gros efforts.
Car ils sont responsables, respectivement, de 31, 21 et 18% des
émissions de gaz à effet de serre. Ensemble ça
fait 70%. C’est pourquoi nous ne comprenons pas (ou justement
bien...) pourquoi on pointe toujours du doigt le simple citoyen. Pour
le PTB+, les plus gros pollueurs doivent supporter les charges les
plus lourdes.
Un ministre compétent pour le climat D’accord, même
si ça ne nous paraît pas être un remède
miracle. Les principales décisions devront être prises
dans les secteurs économique ‘durs’ qui contribuent le
plus aux émissions de gaz à effet de serre: les
producteurs d’énergie, l’industrie pétrolière
(e.a. les raffineries), l’industrie lourde, la chimie et le
transport routier. De très gros intérêts
économiques sont en jeu. En tant que PTB+, nous
pensons qu’il est très difficile, sinon impossible,
d’imposer un arrêt définitif au rejet sans retenue des
gaz à effet de serre dans une société au sein de
laquelle les décisions concernant la production et les
infrastructures sont déterminées par des entreprises
privées en quête permanente de profit à court
terme. Les producteurs privés d’énergie ont intérêt
à ce que la consommation soit la plus grande possible. Pour
accroître leur profit, les entreprises produisent dans des pays
à bas salaires et acheminent ensuite leur production vers des
consommateurs se trouvant à des milliers de kilomètres.
Camions et avions sont responsables d’un cinquième des gaz à
effet de serre. Bien que les économies d’énergie à
long terme soient également avantageuses pour les entreprises,
celles-ci ne s’y résolvent souvent pas parce que leurs
actionnaires cherchent avant tout un rendement à court terme. Ce n’est que lorsque les grandes entreprises sont la propriété
de la communauté et que l’économie est planifiée
à long terme que les cartes sont réellement favorables
à la réalisation du passage vers une production et des
transports respectueux de l’environnement. Dans l’intervalle,
il faut obliger l’industrie à tendre vers une efficacité
énergétique la plus élevée possible et à
faire les investissements nécessaires en ce sens. Seuls des
appareils et produits économisant l’énergie devraient
encore pouvoir être mis sur le marché. Le PTB+ ne croit pas
en des conventions sur base volontaires, telles qu’elles sont
actuellement conclues avec les secteurs. On devra aller beaucoup plus
loin. Un ministre ayant spécifiquement comme attribution le
climat, pourra-t-il l’imposer cela? Nous avons nous doutes. C’est
surtout une question de volonté politique, et en ce moment
celle-ci fait clairement défaut chez les grands partis.
Une fiscalisation des émissions de gaz à effet de serre Le PTB+ n’est pas
d’accord avec cette proposition,. Nous sommes pour du maintien de
l’impôt sur les personnes, et proposons de le rendre encore
plus progressif (taux d’imposition de 10 à 70% au lieur des
25 à 50% actuels). Les plus forts doivent porter les charges
les plus lourdes, c’est seulement ainsi que les impôts
peuvent aider à redistribuer la richesse dans ce pays. Afin de
combattre les inégalités. Les taxes environnementales
ne sont pas progressives: chacun, riche ou pauvre, paye autant. Ce
n’est pas juste, car ainsi les riches peuvent continuer à
polluer (ce qu’ils doivent payer en taxes ne représente
qu’une fraction de ce qu’ils gagnent), tandis que les pauvres
doivent céder une part toujours plus importante de leur revenu
à ce genre de taxes. Les soi-disantes ‘charges sur le
travail’ – en fait les contributions patronales à la sécu
- font pour nous aussi intégralement partie du salaire
(indirect) des travailleurs. Notre crainte est donc
que tous les plaidoyers en faveur d’une fiscalité verte
reviendront à faire payer de moins en moins d’impôts
aux riches et aux entreprises, ce qui aggravera les inégalités
et minera la sécu (c’est déjà en cours). Pour
nous, il n’est donc pas question de toucher à l’impôt
des personnes, ni au mode de financement actuel de la sécu:
bien au contraire, ceux-ci doivent être renforcés. D’autres moyens sont
nécessaires afin de pousser l’économie dans une
direction plus écologique. Notamment sur le terrain de la
production.: seuls les produits et les modes de production les plus
écologiques et les plus efficaces au niveau énergétique
peuvent encore être autorisés. Il est absurde,
inefficace et gaspillant de continuer à produire et à
mettre sur le marché d’autres produits, ert de laisser alors
‘le choix’ au consommateur. Car que décide-t-il encore
vraiment dans notre société de consommation et de
publicité? Nous pouvons néanmoins
marquer notre accord pour une taxe CO2
qui se limite aux grandes entreprises responsables de la plus grande
partie des émissions de CO2.
Un plan d’action pour l’efficacité énergétique D’accord. Ce plan
doit être traduit vers tous les secteurs économiques et
entreprises énergivores (producteurs d’électricité,
raffineries, industrie lourde,...). Une mesure très importante
dans ce cadre est pour le PTB+ la (ré)introduction de la
cogénération, partout où c’est possible. Ces
systèmes existaient dans le temps. Ainsi, des quartiers
et des bâtiments publics de Charleroi étaient chauffés
avec l’eau de refroidissement de Cockerill-Sambre. Dans les années
1980, les tours à appartements du Luchtbal, à Anvers,
ont été chauffées avec la chaleur excédentaire
de l’ancienne centrale électrique de Merksem. Aujourd’hui,
on peut encore y voir la totalité de la tuyauterie utilisée
à cet effet. La chaleur excédentaire de la zone
portuaire anversoise est énorme. Les grandes entreprises
récupèrent cette chaleur excédentaire dans la
mesure où les coûts de récupération sont
inférieurs au prix de l’énergie (déjà
plus bas) qu’elles doivent payer elles-mêmes. Le reste est
définitivement perdu.
C’est
penser à court terme. Le
rendement des centrales électriques actuelles n’est que de
30 %. Cela signifie que 70 % de l’énergie se perd sous forme
de chaleur (vers l’atmosphère ou l’eau de
refroidissement). Nous devons partout où c’est possible
récupérer la chaleur qui se libère lors de la
production d’électricité ou durant d’autres
processus industriels et en faire un usage utile pour chauffer de
(nouveaux) quartiers d’habitation, de grands bâtiments
publics comme des écoles, des maisons de repos, des hôpitaux,
des bâtiments de bureaux ou des zonings industriels et
artisanaux. En
ce qui concerne les ménages, nous sommes convaincus que la
plupart des gens seraient d’accord d’investir dans l’économie
d’énergie (par exemple l’isolation de leur habitation),
mais qu’ils n’ont souvent pas les moyens (financiers) pour le
faire. Le système actuel de primes et de déductions
fiscales est insuffisant parce qu’on doit toujours avancer
l’argent. C’est pourquoi nous proposons le système du
tiers payant. Dans ce système, les investissements dans
l’économie d’énergie sont payés par le
fournisseur d’énergie ou par le gestionnaire du réseau,
le paiement se fait dans la facture d’énergie (sans
intérêts). Ici, la facture totale ne peut être
majorée. Quand l’investissement a été
totalement remboursé, la facture d’énergie de la
famille sera moins élevée en raison de l’économie
d’énergie réalisée.
Un plan d’action pour promouvoir l’énergie renouvelable D’accord. Sur ce
terrain, la Belgique est la lanterne rouge en Europe. Le PTB+ demande
de gros investissements dans les secteurs de l’énergie
hydraulique, éolienne, solaire et géothermique. Des
investissements tant dans la recherche que dans l’installation de
capacités de production, qui sont financés par un impôt
sur les superbénéfices des sociétés
pétrolières et du gaz. Dans d’autres pays ça
se fait aussi. En 2003, la Grande Bretagne a doublé l’impôt
sur les bénéfices des sociétés
pétrolières en Mer du Nord. En Chine également
le gouvernement prélève une taxe exceptionnelle sur les
bénéfices pétroliers.? En France l’organisation
de consommateurs UFC – Que Choisir demande l’introduction d’une
taxe exceptionnelle d’un milliard d’euros pas an, durant 5 ans,
sur les bénéfices pétroliers déclarés
dans ce pays. Et aux Etats Unis également des organisations de
consommateurs et des représentants du Congrès demandent
une telle taxe.
Nous sommes également
partisans d’une taxe sur les superbénéfices que fait
actuellement Electrabel, parce que les centrales nucléaires
sont amorties, tandis que les prix de l’électricité
n’ont pas baissé.
La fermeture des centrales nucléaires
D’accord. Ceci
figure dans le programme du PTB depuis sa fondation en 1979. La
production d’électricité par l’énergie
nucléaire n’est pas efficace d’un point de vue énergétique
à cause des énormes pertes de chaleur. Par ailleurs,
l’énergie nucléaire n’est pas une source d’énergie
renouvelable, puisque les réserves d’uranium sont limitées.
Le PTB+ est également opposé à l’énergie
nucléaire pour les problèmes des déchets
radioactifs et sa contribution à la course aux armements
(armes nucléaires).
L’interdiction des voitures qui consomment beaucoup de carburant
Des
mesures dans le secteur du transport sont certainement nécessaires.
C’est la source de CO2 qui croit le plus rapidement (avec une part
de 14% en 1990 contre 18% en 2004). Mais la principale mesure pour ce
secteur n’est pour nous pas tellement de rendre plus efficaces les
véhicules; nous prônons plutôt de grands
investissements dans l’infrastructure, le matériel et le
personnel des chemins de fer, du métro, tram et bus. Le RER,
réseau express régional, doit rapidement être
réalisé à Bruxelles et dans sa périphérie.
Nous
voulons des transports publics bon marché qui soient
attrayants et à même de convaincre les gens de laisser
leur voiture le plus possible à la maison.
Mais
alors qu’aujourd’hui de plus en plus de gens passent aux
transports publics, une part de plus en plus grande du transport de
marchandises se fait par camion,
avec comme conséquences: plus de pollution, plus d’insécurité
sur nos routes et plus de frais (d’entretien) pour le contribuable.
Nous
proposons que le transport des marchandises sur de longues distances
(par exemple, le transit par la Belgique) soit rendu obligatoire par
chemin de fer (par l’entreprise publique B-Cargo) ou par bateau.
La protection des forêts du monde compte tenu de leur rôle dans
le maintien du climat
Le
PTB+ est d’accord pour libérer plus de moyens pour la
sauvegarde des forêts tropicales et le renforcement des
administrations forestières dans des pays comme le Congo, à
condition que ce ne soit pas au détriment des autres efforts
en matière d’aide au développement qui profitent aux
populations les plus pauvres. Une condition supplémentaire est
également le respect de la souveraineté des pays en
question. Nous ne pouvons accepter une nouvelle forme de colonialisme
qui reviendrait p.ex. à dire que leurs richesses naturelles
sont ‘la propriété de l’humanité’.