Pfft... pour la première fois cette semaine, je suis contente que les sessions de négociations soient terminées pour aujourd’hui. Quelle frustration de voir les pays industrialisés inventer des tonnes de règles pour pouvoir déduire au maximum le carbone stocké dans les forêts de leurs objectifs de réduction des émissions. En fait, c’est tout simplement dégoûtant!
La solution est pourtant simple: une diminution des émissions de gaz à effet de serre pour maintenir la hausse des températures autant que possible sous les 2°C. C’est ce que la science préconise. Tout ce que les pays riches essaient d’obtenir de force ici revient donc à miner le système. Pas étonnant que de nombreux pays en développement commencent à s’énerver – aujourd’hui, j’ai eu très souvent envie de distribuer des claques.
Ce matin, lors d’une action menée près de l’entrée du centre de conférence, Greenpeace a montré ce qui risque d'arriver si nous poursuivons sur cette voie: Tonnerre, éclairs, pluie, vent,... toutes les conditions climatiques extrêmes y sont passées. Je ne l’ai pas vue moi-même, mais mes collègues étaient très enthousiastes ici et l’action n’a pas échappé aux négociateurs. Notre antenne espagnole est au créneau depuis plusieurs semaines déjà: la semaine dernière, les activistes ont mené des actions pour dénoncer le financement des centrales au charbon et cette semaine, ils en sont déjà à leur seconde action en trois jours!
A propos d’activistes: dans la lointaine Indonésie, Nicholas, un activiste belge, est occupé à dénoncer la déforestation dans ce pays. A ce moment précis, il est peut-être lui-même en train d’écrire son blog pour raconter ses aventures au Forest Defenders Camp – à lire absolument!
Là-bas, la forêt est abattue à un rythme que l’on peut à peine s’imaginer. Une superficie équivalente à plus de 2/3 de la Belgique a déjà disparu, principalement pour céder la place à des plantations de palmiers à huile. Cela prouve qu’un mécanisme pour arrêter le déboisement est indispensable. Il faut aussi des moyens financiers pour permettre aux pays en développement d’effectuer les préparatifs nécessaires pour que ce mécanisme fonctionne, mais les sous restent bien cachés dans les gros porte-monnaie des pays développés. Notre ministre de la coopération au développement est un bon exemple: malgré les engagements pris sur papier, il n’a encore entrepris aucune action. Allons monsieur Charles Michel: il est grand temps de montrer que la Belgique peut faire davantage que de simples promesses aux pays en développement !