Ces derniers jours, des bénévoles de Greenpeace ont distribué 80.000
lettres aux populations vivant à proximité des centrales nucléaires. Ces lettres, rédigées sous une forme ludique, avaient pour objectif de les informer de la nonchalance d'Electrabel en matière d'assurance. Si un grave accident nucléaire devait se produire, moins d’un millième du risque serait assuré. Greenpeace a également fait réaliser des
cartes montrant la dissémination probable du nuage radioactif en cas d’accident sévère.
Responsabilité industrielle d'Electrabel
En se basant sur des estimations réalisées dans d'autres pays, on peut déduire qu'avec la densité et le taux d'industrialisation de la Belgique, l'impact économique du risque nucléaire est énorme. Il est également acquis que si le coût d'une couverture tenant compte de ce facteur économique était intégré au prix de l'électricité, le nucléaire ne serait financièrement plus concurrentiel. En Belgique, la responsabilité de l'exploitant a été historiquement limitée, ce qui équivaut à subventionner indirectement le nucléaire.
Pour amender cette situation, Greenpeace a interrogé divers juristes qui ont défini une
proposition de texte de loi. Celle-ci devrait permettre de répondre aux déséquilibres dénoncés en matière de responsabilité industrielle via un système de « taxe sur les risques nucléaires » destinée à alimenter le fonds Kyoto. Ce fonds pourrait servir à investir dans les renouvelables et l'efficacité énergétique.
Sortie du nucléaire
Le récent
sondage réalisé pour Greenpeace par Ipsos démontre que les Belges sont prêts à plébisciter les énergies renouvelables. Le gestionnaire du réseau Elia a, par ailleurs, recensé « des prévisions d’évolution des capacités de production » qui permettent d'envisager sérieusement la première phase de la sortie du nucléaire. Ce qui vient confirmer les estimations réalisées ces dernières années par Greenpeace dans différents scénarios énergétiques.
La publication des cartes de contamination et la proposition de « taxe sur les risques nucléaires » doivent inciter nos décideurs à sortir du flou entretenu autour de la sortie du nucléaire. Le risque est trop important pour s'en tirer avec un « sorry, on n'y a pas pensé »...
Cliquez
ici. Vous y découvrirez les cartes de dispersion radioactive pour Doel 1 et Tihange 1, deux des réacteurs qui doivent être légalement fermés en 2015. La loi sur la sortie du nucléaire prévoit la sortie des réacteurs restants en 2025.