40 militants Greenpeace ont déployé la plus grande revendication de tous les temps sur le glacier du Gorner en Suisse.
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Luxembourg —
Les ministres de l'Environnement de l'Union européenne (UE) n'ont pas réussi à s'accorder, ce 21 octobre, sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) suffisamment ambitieux.
C'est au Luxembourg que se tenait ce Conseil de l'environnement crucial pour
l'élaboration de la position que l'Union européenne défendra à Copenhague en
décembre prochain. Malheureusement, les ministres présents n'ont pas réussi à
fixer des objectifs de réductions en ligne avec les recommandations des
scientifiques. Ce non-accord n'augure rien de bon pour les négociations de
l'après-Kyoto du mois de décembre. Pour sortir l'Union européenne de cette
impasse, il ne reste plus que les chefs d'Etats. Ces derniers se réuniront la
semaine prochaine à Bruxelles et pourront encore redonner un coup
d'accélérateur aux négociations de Copenhague.
Les ministres de l'Environnement ont démontré qu'ils ne voyaient les
négociations en cours que d'un seul point de vue « politique ». Or, l'enjeu des
négociations est bien plus large. Des populations entières risquent de voir
leur accès à l'eau et à la nourriture modifié. Les zones les plus peuplées de
la planète sont menacées et la vie d'innombrables êtres humains déjà défavorisés
pourrait être singulièrement compliquée. Cette situation pour le moins
alarmante n'est pourtant pas une fatalité. Les chefs d'Etats européens ont le
devoir de réagir. Les conséquences de leur inaction risquent en effet d'être
des plus lourdes.
Lors du Conseil des ministres de l'Environnement de ce 21 octobre, les ministres
se sont bornés à répéter la promesse d'engagement de réduction de 30% des
émissions de l'UE d'ici à 2020. Ils n'ont pas suivi l'exemple du Japon ou
celui, pourtant proche, de la Norvège qui s'est engagée à réduire ses émissions
de -40 % d'ici 2020. Cet objectif de -40 % de GES (année de référence 1990)
correspond au minimum requis par les scientifiques soucieux de nous éviter les
conséquences du réchauffement planétaire.
Lundi dernier, la Commission environnement du parlement européen avait pourtant
indiqué la direction à prendre en reconnaissant explicitement la nécessité pour
l'UE de s'engager pour une réduction de -40 % d'ici 2020.
Marine et aviation
Les ministres de l'Environnement ont proposé des objectifs de réductions des
émissions de GES pour les secteurs de l'aviation et de la marine
(respectivement de -10 % et de -20 % en comparaison aux niveaux de 2005).
Greenpeace se réjouit évidemment de cette décision étant donné la forte
augmentation des émissions de ces deux secteurs ces dernières années. Mais cet
objectif leur laisse en pratique la possibilité d'augmenter leurs émissions
d'un tiers par rapport à 1990. Greenpeace s'interroge évidemment sur un pareil
traitement de faveur.
Déforestation
Une note positive de la déclaration du Conseil environnement est sans conteste
leur remise en question de l'intégration future des crédits alloués en
contrepartie de programmes de protection d'une zone de forêt tropicale dans le
marché du carbone. Intégrer ces crédits aurait une influence déstabilisatrice
sur ce marché déjà très instable. Les Ministres ont plutôt plaidé pour la mise
à disposition d'argent public pour préserver la biodiversité et arrêter la
déforestation.
Historiquement, l'UE a déjà accumulé une « dette carbone » énorme en soutenant
des entreprises responsables de la déforestation. C'est dès lors une
responsabilité qui lui incombe de prévoir de l'argent public pour préserver les
forêts qui peuvent encore l'être.