Bruxelles, Belgique —
En cette époque de crise économique, le riz génétiquement modifié est financièrement plus intéressant. C’est sans doute ce qu’ont pensé les gouvernements de l’Union européenne et l’industrie agrochimique lorsqu’ils ont avancé la proposition concernant le riz OGM. Le riz est un aliment que consomme quotidiennement la moitié de la population mondiale : génétiquement modifié, il menacera notre agriculture et la biodiversité et impliquera d’importants risques sanitaires.
Jusqu’à présent le riz OGM n’est
cultivé nulle part à des fins commerciales sur la planète. Mais
Bayer, le géant allemand de la biochimie, veut changer la donne.
L’entreprise a génétiquement modifié du riz afin de le rendre
plus résistant à des doses élevées d’un pesticide appelé
glufosinate. Ce n’est pas un hasard non plus si Bayer commercialise
également cet herbicide. Le glufosinate est toxique pour l’être
humain et l’environnement, et son utilisation sera bientôt
interdite en UE.
Dans quelques semaines, cette même UE
décidera si le riz OGM de Bayer peut entrer dans les Etats membres
et atterrir dans nos assiettes via les rayons des supermarchés. Si
l’UE approuve l’importation de ce riz OGM, les paysans aux
Etats-Unis et ailleurs commenceront à semer très bientôt.
Le
riz OGM de Bayer n’a pas la même valeur nutritive que le riz
conventionnel. Dans le cas du riz OGM, les plantes deviennent
extrêmement résistantes aux herbicides. D’un point de vue
économique, la commercialisation du riz OGM est également
préoccupante. En 2006, par exemple, l’industrie du riz a perdu 1,2
milliard de dollars au niveau mondial, parce qu’une autre variété
de riz de Bayer avait contaminé la récolte de riz non manipulé.
Voilà pourquoi jusqu’à présent, la plupart des producteurs et
distributeurs de riz ont refusé le riz OGM.