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D'après les estimations de la CREG, qui ne tiennent pas en compte l'ensemble des facteurs pertinents et dont nous avons des raisons de croire qu'elles sont fortement conservatrices, les montants concernés dépassent les 11 milliards d'euros. Il s'agit donc ici, pour la collectivité, de récupérer les montants colossaux dûs par les producteurs historiques d'un secteur sensé, d'après les conventions qui l'ont encadré de 1955 à 2003 au moins, être géré dans le sens de l'intérêt général.
La Belgique est tenue par ses engagements internationaux à une diminution drastique, à court terme, de ses émissions de gaz à effets de serre. L'adoption de mesures extrêmement volontaristes de gestion de l'énergie s'impose dès aujourd'hui. Indispensables, elles ne seront pourtant pas possibles sans l'allocation de moyens financiers considérables, dans la promotion de l'efficacité énergétique et des énergies renouvelables. Refuser d'assurer la nécessaire transparence dans le dossier des amortissements anticipés, c'est risquer de sacrifier une source de revenus potentiellement déterminante pour le succès d'une politique énergétique vitale, en termes environnemental, économique et social.
Par ailleurs, les observateurs du marché belge de l'électricité soulignent l'échec du processus de libéralisation, dans le sens où un acteur – Electrabel-Suez - continue, grâce à ses avantages acquis, à dominer le secteur de manière quasi-monopolistique. La récupération des bénéfices non anticipés issus de l'amortissement accéléré des centrales est une des conditions préalables nécessaires à un cadre concurrentiel effectif. On ne peut nier que, dans l'option d'un secteur énergétique libéralisé, le bon fonctionnement de celui-ci est de première importance pour l'intérêt général dans un pays.
Pour ces différentes raisons, Greenpeace ne peut accepter le refus de transparence de la CREG sur ce dossier, et a aujourd'hui réitéré sa demande, par courrier envoyé à la Commission d'accès aux documents administratifs.
Documents à lire dans notre rubrique 'rapports' sur votre droite :
lettre de Greenpeace à la CREG et réponse de la CREG