Skip navigation.

Bruxelles, Belgique — Greenpeace clôture le Salon de l’Auto par la publication d’un bilan éloquent : la moyenne des émissions de CO2 des voitures exposées est 185 g de CO2/km parcouru. La manifestation bruxelloise n’a donc jamais été un salon de la voiture écologique. En plaçant des sabots à plusieurs véhicules particulièrement polluants, Greenpeace entend mettre leurs constructeurs face à leurs responsabilités en matière de climat. Toute nouvelle manoeuvre d'affaiblissement de la législation européenne visant à réduire le CO2 des voitures ferait d’eux des Climate Killers.

Greenpeace a relevé les émissions de CO2 de 469 voitures exposées lors du Salon de l’Auto. Un classement des "grands pollueurs" a été établi sur base de cet inventaire. C'est l'objectif non atteint de 140 g de  CO2/km qui a servi de base à l'estimation du dérapage. Il a été tenu compte de dépassements de 50 % et de 100 %, ce qui correspond à des émissions égales ou supérieures à 210 et 280 g de CO2/km. Pour rappel, les constructeurs européens s'étaient engagés en 1998 auprès de la Commission européenne à réduire les émissions des nouvelles voitures à 140 g CO2/km et ce, en 2008. Ce classement a servi de base au choix des véhicules cloués au sol en raison de leurs émissions de CO2 criminelles.

Parallèlement, un classement des constructeurs européens (ACEA) a été établi (1). « Il est intéressant de noter que la moyenne de modèles exposés par ces constructeurs est aujourd’hui de 179 g, » précise Marc-Olivier Herman, directeur des campagnes de Greenpeace. « Mais où sont les voitures écologiques ? » Il est significatif que la majorité des véhicules épinglés aujourd’hui par Greenpeace renvoient à ces constructeurs.

Greenpeace met ces constructeurs au défi de prouver que le secteur automobile peut faire autre chose que tromper le public en lui faisant miroiter l’avènement d’une voiture soi-disant verte. Le secteur des transports est un des seuls secteurs présentant des émissions de CO2 en hausse.

« Pour Greenpeace, conclut Marc-Olivier Herman, ce Salon de l’Auto a confirmé l’importance cruciale de la législation envisagée par l’Union européenne. Cette législation doit être non seulement contraignante mais aussi efficace. Elle doit entre autres prévoir des sanctions réellement dissuasives pour les constructeurs qui ne répondraient pas aux objectifs européens en matière de réduction de CO2. »

Pour Greenpeace, cette législation doit nécessairement imposer à l’industrie automobile des objectifs de réduction pour les émissions moyennes de CO2 des nouvelles voitures de 120 g CO2/Km en 2012 et de 80 g en 2020. Ces normes doivent être établies en se basant sur la surface au sol de la voiture et non son poids. Enfin, aucune exception à la règle ne doit être accordée.

Quant aux visiteurs du Salon de l’Auto qui espéraient y découvrir une voiture enfin écologique, il est bon qu'ils gardent à l’esprit que l’impact de la voiture sur le climat dépend des émissions de CO2 mais aussi du nombre de kilomètres parcourus. Ceux-ci doivent également être revus à la baisse.

Rapports connexes

Notes

La European Automobile Manufacturers Association (ACEA) regroupe les constructeurs suivants dont les marques figurent parenthèses: BMW (BMW, Mini), Daimler (Mercedes, Smart), Ford (Ford, Jaguar, Landrover, Volvo), GM (Chevrolet, Opel, Saab), Porsche, Toyota (Toyota, Lexus), VW (Audi, Seat, Skoda, VW), Fiat (Alfa Romeo,Fiat, Lancia), PSA (Citroën, Peugeot), Renault (Dacia, Renault)