Le captage et le stockage du carbone vise à réduire l'impact de la combustion des énergies fossiles en captant le CO2 rejeté avant de l'enfouir dans le sol. Cette technologie, qui n'a pas encore fait ses preuves, est régulièrement présentée comme une solution aux changements climatiques par de nombreux producteurs d'électricité. Ils y font référence pour justifier la construction de nouvelles centrales au charbon sans avoir la certitude que l'enfouissement du CO2 soit un jour opérationnel. La technologie du CCS ne devrait pas faire ses preuves avant 2030 et beaucoup d'incertitudes demeurent quant à sa mise en pratique et à son coût. Cela signifie que si elle devait un jour prouver son efficacité, ce serait beaucoup trop tard pour lutter contre les changements climatiques. Les experts du climat s'accordent pour dire que les émissions planétaires de GES doivent atteindre un pic d'ici 2015 avant de diminuer d'au moins 50% d'ici 2050. Il faut donc agir rapidement. Investir dans le captage et le stockage du carbone risque de se révéler contre-productif et préjudiciable à toutes les initiatives visant à développer l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables, remèdes indispensables aux changements climatiques.
Différents projets de nouvelles centrales au charbon dites 'prêtes pour le captage' sont à l'étude en Belgique. Ainsi, en novembre 2007 le géant allemand E.ON annonçait les plans de construction d'une centrale au charbon de 1100MW en région anversoise, devant couvrir 8% de la production énergétique belge. Un tel projet, estimé à 1,5 milliard d'euros, aggraverait un peu plus encore les émissions belges en gaz à effet de serre (GES), les centrales au charbon étant les plus grandes émettrices de CO2 .
« Il est particulièrement malsain de tenter de faire passer des techniques incertaines pour des solutions. Il ne s'agit que de manoeuvres dilatoires pour maintenir en vie la filière du charbon. Nous espérons que la Belgique fera preuve de discernement et qu'elle s'engagera dans la voie d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) en tournant définitivement le dos à ce combustible d'un autre âge et en refusant catégoriquement toute construction de nouvelle centrale au charbon, même avec le CCS comme alibi, commente Fawaz Al Bitar de la campagne Climat/Energie de Greenpeace.»
Les gouvernements subissent une pression considérable pour investir dans le CCS et la Commission européenne, cible permanente des lobbies de l'énergie, vient de publier une proposition de Directive bâclée sur le stockage géologique du CO2, véhiculant le faux espoir des centrales 'prêtes pour le captage'. Plus de
100 organisations non-gouvernementales se sont associées à Greenpeace pour demander que le CCS ne serve pas d'excuse à la construction de nouvelles centrales au charbon.
Le scénario pour une [R]évolution énergétique planétaire préconisé par Greenpeace démontre qu'un recours accru à l'efficacité énergétique et un développement réel des énergies renouvelables permettraient de diminuer de moitié les émissions de C02 d'ici 2050 et donc de répondre aux prescriptions des scientifiques. Le potentiel mondial des énergies renouvelables est suffisant pour répondre six fois aux besoins planétaires en énergie.