Ce scénario tient compte de la croissance économique planétaire, en ce compris dans des zones comme la Chine, l'Inde et l'Afrique. Pour réaliser ces prévisions, la Belgique devrait, selon cette étude, s'imposer des réductions de CO2 dépassant les 50% prévus pour l'ensemble de la planète. Pour y arriver, il n'y a qu'une seule solution: fixer des objectifs à long terme et s'y tenir. La balle est sur ce plan dans le camp des politiques...
“Le scénario publié aujourd'hui démontre qu'il est possible d'envisager simultanément une croissance économique importante (y compris dans les pays émergents) et une réduction drastique des émissions planétaires de CO2, commente Fawaz Al Bitar, responsable de la campagne Climat/Energie de Greenpeace. Les renouvelables ont un potentiel rapidement mobilisable. Ces sources d’énergie pourraient à l'horizon 2050 avoir un poids comparable à celui occupé par les énergies fossiles aujourd'hui. L'étude que nous avons commandée à l'Institut allemand d'aerospatiale (DLR) démontre qu'au niveau planétaire 70% de l'électricité pourraient être produite par des renouvelables, tout comme 65% du chauffage. Pour rendre ces énergies compétitives, il est impératif de mettre un terme à la subsidiation des énergies fossiles ou nucléaire et d'appliquer de manière conséquente le principe du pollueur-payeur.”
C'est pourquoi, Greenpeace invite l'ensemble des décideurs politiques du monde à cesser progressivement de soutenir toute production énergétique d'origine fossile ou nucléaire. Cette (r)évolution devrait être accomplie d'ici 2010.
Réduire de moitié les émissions planétaires de CO2 impose à la Belgique une réduction de 70% de ces émissions, à l'horizon 2050 en se basant sur l'année de référence 1990 (NDLR: Scénario pour la Belgique, déjà publié en juin 2006 – résumé exécutif disponible en français) (2).
Il s'agit d'un objectif parfaitement atteignable si l'on se décide (enfin) à fermer progressivement les centrales au charbon et à sortir du nucléaire (même sans attendre l'échéance légale). Pour atteindre cet objectif, il faut toutefois miser rapidement sur la carte de l'efficacité énergétique.
Le scénario établi pour la Belgique démontre qu'il est nécessaire de réduire de 40% notre consommation énergétique. Une fois cette réduction réalisée, la Belgique pourra produire 65% de son électricité au départ d'énergies renouvelables.
“Les énergies renouvelables ont tout le potentiel requis pour devenir notre principale source d'énergie. Ce potentiel ne pourra toutefois pas être réalisé sans des choix politiques judicieux. Les ministres de l'énergie européens peuvent nous engager dans la bonne voie, notamment lors du Conseil des ministres européen du 25 février prochain, ajoute Wendel Trio, directeur des campagnes de Greenpeace Belgique.”
C'est le bon cénacle pour améliorer la proposition de la Commission européenne, notamment en fixant des objectifs par secteurs (e.a. électricité, chauffage et réfrigération). Des objectifs européens non-sectoriels ne permettent, en effet, pas de stimuler l’investissement.
“Greenpeace attend du ministre fédéral de l'Energie, Marc Verwilghen et de ses confrères européens un renforcement des objectifs définis pour l'Europe. Pour être efficace, il faut par exemple viser à produire 35% de notre électricité au départ de renouvelables et tendre à un objectif de 25% pour le secteur du chauffage et de la réfrigération, conclut Wendel Trio. Il s’agit d’objectifs réalisables à l’horizon 2020.”
Pour Greenpeace, il est également essentiel d'affiner et de concrétiser le plan d'action européen pour l'efficacité énergétique. En Belgique comme dans les autres états membres, des objectifs contraignants doivent être définis, en accord avec les propositions de la Commission visant à une réduction annuelle de 1% de notre consommation énergétique.
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